Dawson city / Whitehorse… les photos sont en ligne !

Il s’en est passé des choses depuis Dawson city. J’ai vu un ours sur la route, rencontré un couple d’Autrichiens très sympas, on s’est vu offrir un séjour dans une cabane au bord d’un lac, j’ai retrouvé Rae, à nouveau, et puis j’ai tracé seule jusqu’à Whitehorse.

Les images sont ici, toujours sur Flickr : https://www.flickr.com/photos/124870937@N07/sets/72157645676383551/

Le dilemme du feu rouge se pose : aller à Skagway, prendre un ferry jusqu’à Prince Rupert et rester un peu chez Rae. Ou emprunter la Cassiar Highway, route longue et parsemée de quelques villages. Que faire ?

Je vais finalement, au dernier moment, choisir de rouler sur la Cassiar Highway. Tant pis pour la croisière, tant pis pour les baleines. Je préfère garder le cap et faire ce voyage sur mon vélo autant que possible. La Cassiar Highway n’est pas très fourni en wifi… donc s’il te plaît, mam’, ne t’inquiète pas si je ne donne pas de nouvelles pendant une dizaine de jours (ou plus).

Par ailleurs, j’ai opéré quelques modifications sur le vélo depuis le départ : la potence (espèce de tige sur laquelle est fixée le cintre) est désormais plus basse pour une position plus sportive, les cornes sont au milieu du vélo, soit la largeur des épaules (merci pour elles), aujourd’hui je change la chaîne qui a bien morflé sur toutes ces routes crasseuses. et prochainement, je recevrai une nouvelle sacoche de guidon… étanche !

Voici de quoi situer tout ça, car j’en conviens, la géographie du Canada est bien vaste et si peu enseignée à l’école :)

Carte itinéraire parcouru

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Pédaler sur la Top of the World Highway !

Les photos sont ici :

https://www.flickr.com/photos/124870937@N07/sets/72157645488338061/

Par où commencer ? Que raconter ? Que dire de cette route qui prend sa source à Tetlin Junction (Alaska) et se termine à Dawson city (Canada) ?

Les jonctions sont rares... célébrons-les !

J’ai vécu un concentré de voyage, de l’or en barre sur cette voie tracée par les pionniers de l’orpaillage. Vous pardonnerez ma confusion, mais les encouragements et la générosité que j’ai reçus en 4 jours seulement m’ont faite avancer d’un cran dans ma vie de nomade contemplative. Il a bien fallu que je m’en remette un peu aux autres pour progresser sur cette voie. Il a bien fallu que j’arrête des pick up pour demander de l’eau. Les touristes attentifs se sont souvent attardés sur mon parcours, se préoccupant également de mon sort : est-ce que tu as besoin de quelque chose ? Tantôt « Non merci j’ai ce qu’il me faut. Tantôt « Oui, je veux bien de l’eau ». Alors nous remplissons les bidons. Car j’avance désormais seule, à ma plus grande joie.

Grâce à ces attentions touchantes et avec l’immense plaisir de rouler sur une route aussi belle que surprenante, aux environs aussi doux que sauvages, j’ai pu rallier Dawson city en 4 jours, dont un passé à Chicken. Ha, Chicken… Le jour de  mon arrivée, un dimanche, les campings cars démesurés remplissaient les campings et les cafés. Le lendemain, tandis que la journée s’annonçait pluvieuse, les touristes bien abrités avaient désertés les parages. Partis pour d’autres horizons. C’est ainsi que j’ai pu me mêler à la vie locale, ressemblant à tout ce que j’avais entraperçu jusqu’alors : une ville de travailleurs, de serveurs, de chercheurs d’or. une ville où business is business mais dans laquelle les cyclistes sont accueillis à bras ouverts, récompensés par la meilleure brioche à la cannelle du monde. Top of the world je vous dis ! Pourtant, d’ordinaire, je n’aime pas la cannelle…Chicken, capitale du monde !

Je passe une journée à pianoter sur mon ordinateur, à boire quelques cafés, manger quelques plats présentés dans des paniers d’orpaillage, boire quelques verres, jouer quelques parties de billard. La pluie peut bien tomber au dehors, mes vêtements sèches devant le poêle du Saloon.

Le lendemain, tandis que je m’apprête à repartir, les gars sirotant un verre à l’extérieur du bar me tapent la causette. Ils passent leurs étés à récolter de l’or à Chicken. Conversation habituelle : tu viens d’où, tu vas où, tu es originaire d’où ? tout est une question de mouvement, de déplacement. Depuis le parking du bar nous regardons la route que je vais emprunter à vélo. Elle monte doucement mais assez longtemps pour que je leur lance en rigolant « vous pourrez me voir passer pendant 10 min ». Ils me disent qu’ils me doubleront car eux aussi se dirigent vers l’Est de Chicken. Ils vont regagner leur campement de fortune, au bord de la rivière, au plus près du métal précieux.

Et au milieu coule une rivière

Effectivement, ils me doublent une demi heure plus tard, me saluent toutes vitres ouvertes. Je les retrouverai quelque kilomètres plus loin, au niveau de leur campement établi au bord de la route. Jamais pressée, je m’arrête et commence à discuter avec Ed et Ed. « Quoi, tu n’as pas essayé l’orpaillage à chicken ? Mais y a rien d’autre à faire ! » Non je ne suis pas une touriste. Je ne veux pas faire ce que je suis censée faire. « Tu me montres ? Ca m’intéresse de savoir comment toi tu travailles quand tu cherches de l’or. La démonstration suivra. J’ai pas le coup de main, mais la récolte n’est pas si mauvaise ! Ed consigne les paillettes dans une fiole qu’il me donne. Il est déjà 12h30. Nous dégustons un bol de Noodles (pâtes asiatiques qui cuisent en 2min chrono et dont je me délecte fréquemment pour le déjeuner). Ed vient du Colorado, il me parle de son Etat, nous parlons de son métier, de musique, de nos vies, de mon voyage. Je sais désormais où m’arrêter si je veux me rendre dans le Colorado… C’est l’hospitalité Américaine !

Je finis par quitter les lieux, un peu partager entre l’envie de rester, de partager une journée avec ces gars, de boire encore quelques bières Saloon et l’envie de rouler. Mais j’ai envie d’avancer. Alors je file. La pluie ne tarde pas à tomber, mais les averses ne durent pas et l’air n’est pas froid. Je suis en short, tous les vêtements sèches rapidement.

Ed, chercheur et trouveur d'or

Et je vois débarquer Ed ! Inquiet de me savoir sous le pluie, gagné par la culpabilité de m’avoir arrêtée. Je lui assure que tout va bien, il s’en retourne à son or.

La frontière Canadienne approche à grands pas. Mais à quelques kilomètres de celle-ci (3 ou 5 km) les graviers se transforment en grosses caillasses. J’ai du mal à avancer au milieu de tout ça. J’ai faim. La frontière ferme à 20h, il est 19h30. La pente n’est pas si douce. Un gars de la compagnie de travaux routiers me demande si je veux être à la frontière avant 20h. Je lui répond que je traverserai demain, que je vais continuer à vélo. Mais l’état de la route empire. Je me sens faible et je dois pousser mon vélo. 20 minutes plus tard une autre voiture de la même compagnie passe, s’arrête, me pose les mêmes questions que son collègue. Oui, je veux bien qu’il me conduise jusqu’à l’issue de cette route impraticable. John m’indique alors un lieu parfait pour installer ma tente. Le camping ***** ! Avec en prime la visite d’un renard !

C'est pas les flots bleus...

Le lendemain je mets les bouts, un peu émue et un peu triste de quitter l’Alaska. L’immensité des montagnes dépasse les frontières et la gentillesse des nord Américains s’étend certainement à l’Est. Malgré tout, je traîne sur mon emplacement illimité, doucement gagné par les photographes d’un jour arrêté sur le parking juste au-dessus. « Je peux te prendre en photo ? » « Tu viens d’où ? ». Toujours cette curiosité et cette spontanéité… Je note toutefois que les Américains savent couper court à ce genre de discutions : je ne crains pas tomber sur un bavard qui taillerait la bavette trop longtemps.

Huuum, ce sera pour plus tard. Cap sur le Canada !

Je passe la frontière et tombe sur un panneau indiquant -en kilomètres s’il vous plaît!- 105km jusqu’à Dawson city. Huum, serai-je perdue dans l’espace temps ? Oui, j’ai confondu les distances. Et moi qui pensais n’avoir que 65km à parcourir ce jour-là… Qu’importe. Let’s keep riding! Comme on dit ici.

Je m’arrête plusieurs fois, happée par les paysages, par le calme, par la sérénité qui se dégage des lieux.

Ho yeah ! C'est parti pour une longue descente !

C’est en fin d’après-midi, après une longue descente et une traversée en bac (pas de pont traversant le Yukon) que j’arrive à Dawson city. Je m’empresse de trouver un restaurant car la faim me gagne. Je tourne dansla ville pour trouver un camping… et au camping je retrouve -avec surprise et joie- Brad, avec qui j’ai roulé pendant – semaines, et Rae, adorable Canadienne rencontrée un peu avant le parc du Denali. Tellement contente de les voir, je les embringue au pub du coin où nous passons un bon moment.

En bref, je suis désormais au Canada ! J’ai survécu à la Top of the world Highway.

Je file désormais vers le Sud…

 

Que le spectacle commence...

En bref :

Jour 1 Tetlin / Chicken : départ à 7h, 108km sous le soleil

Jour 2 à Chicken : un bon petit déj’, un bon déjeuner, quelques bières, 0km

Jour 3 Chicken / frontière Canadienne : 65km entre pluie et éclaircie, enter un bol de Noodles et des deux barres de céréales, entre graviers et route goudronnée

Jour 4 frontière Canadienne/Dawson city : 112km, un peu de pluie, de beaux rayons de soleil, une descente de 14km pour conclure la journée :)

PS : Les photos que j’ai pu mettre en ligne sont dans l’album Flickr. Pour les voir il vous suffit de cliquer sur le lien en haut de cet article. Le wifi laisse à désirer ici, cet article sera illustré dès que possible… mais pas maintenant.

2 000 km !

Mardi j’ai quitté Fairbanks pour prendre la route en direction du Canada, à l’Est. C’est jeudi que j’ai franchi la barrière des 2.000km parcourus en Amérique du nord !

2 000 km ! Déjà...

Petit résumé :

– j’ai enfin un système de filtration de l’eau, une super pompe qui trie le sable, arrête les bactéries, et même certains produits chimiques. Bref, ça me permet de boire à peu près n’importe quelle eau.

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– je roule désormais seule. Brad et moi avançons à un rythme depuis le début du voyage. Mais au terme d’une journée passée sous une pluie battante, pendant laquelle mon coéquipier a connu une baisse d’énergie tandis que je me refroidissais à l’attendre, nous avons fini par rouler chacun de notre côté. Mais l’Alaska est un petit monde, nous nous sommes déjà retrouvés une fois et devrions nous croiser à nouveau lors de la prochaine étape.

– j’ai rencontré le Père-Noël ! Et je peux vous dire qu’il s’y connaît en vélo !

– j’ai enfin croisé les premiers cyclistes remontant du Sud vers l’Alaska ! Un Hollandais parti d’Ushuaïa il y a un an et demi. Un Anglais parti de Vancouver.

– j’ai encore dormi sur un parking… mais aussi sous un toit, avec table de camping et toilettes à disposition… mais aussi dans ce qui s’appelle ici des « cabins », comprendre un mini chalet avec tout le confort. C’était après la journée arrosée, le propriétaire du camping a tellement eu pitié de moi qu’il a ouvert la cabine inutilisé depuis un an pour que j’u passe la nuit au sec, laissant ainsi sécher ma tente tout ce qui avait pris l’eau durant la journée. Le tout pour une somme modique.

– j’adore rouler sous la pluie. Je déteste le reste de la journée sous la pluie : difficile de s’arrêter pour manger (la pluie tombe dans les sacoches lorsque je les ouvre et puis je me refroidie), difficile de monter une tente sans qu’elle prenne l’eau, difficile de s’éloigner de la route pour pisser sans tremper les chaussures restées sèches…

– Le vélo est enfin baptisé : Mario a pris sa place sur le cadre ! Vélo Mario est né !

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– Il reste encore de gravier à manger, réjouissons-nous !

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– Les montagnes sont toujours aussi belles !

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Je suis à Tok depuis la fin de la matinée. Après un bon déjeuner et une glace, je me restaure à nouveau copieusement avant de reprendre la route en fin d’après-midi en direction de Dawson, au Canada. D’ici 10 miles je bifurquerai sur la Top if the World Highway, nouvelle grande étape qui m’attend ! Encore du gravier, encore des montagnes, encore des nuits sur des parkings (enfin j’espère). C’est une route bien connu des motards et des cyclistes, réputée pour sa vue donnant de part et d’autre de la route, mais aussi pour les conditions de circulation qui peuvent s’avérer difficiles. Vous vous souvenez de l’épisode « dans la boue » sur la Dalton Highway… il se pourrait que je fasse un remake. Affaire à suivre.

Wikipédia raconte ça à propos de la Top of the World Hwy : http://fr.wikipedia.org/wiki/Top_of_the_World_Highway

Allez, je m’en retourne faire honneur au plat que j’ai choisi « Salad bar, eat what you can »

A très bientôt et encore merci pour votre soutien !

Elliott & Dalton Highways : jusqu’à l’océan Arctique sous le soleil de minuit

 

Après 3 semaines de vagabondage dans le Sud de l’Alaska, me voici arrivée à Fairbanks, deuxième plus grande ville de l’Etat. Je voyage toujours avec Brad, coéquipier Australien. Nous retrouvons Tim, reconstituant ainsi une équipe de trois cyclistes pour une nouvelle virée qui s’annonce aventureuse.

Carte   Carte Alaska

La Dalton Highway part de Fairbanks en direction du Nord, ralliant la ville de Deadhorse implantée sur les bords de l’océan Arctique. Cette route suit un pipeline transportant l’or noir extrait dans l’océan. Elle n’a d’utilité que pour les besoins de cette industrie toujours aussi prospère.

Nous préparons le départ avec l’achat de nourriture pour les 12 jours à venir, car les seuls points de ravitaillement disponibles sur la route sont des restaurants : les deux premiers sont situés sur les bords de la rivière Yukon (Mile point 56 de la Dalton Hwy, à cela vous ajoutez les 90 miles de l’Elliott Hwy, soient environ 250km au total), le second point de chute se situe à Coldfoot (littéralement « pied froid ») à environ 400km de Fairbanks. Nous trouverons également des hôtels et restaurants en arrivant à Deadhorse. La nourriture donc : des kilos de pâtes, de purée et de semoule, de pain, de sauce, de soupe, des Snickers et autres Kit kat ainsi que les petits déjeuner à charrier. Les sacoches s’allégeront au fil des jours. En attendant, il faut traîner tout ça…

12 jours de nourriture

Nous partons dimanche 8 juin, Tim, Brad et moi.

Le premier jour, nous roulons un moment en ville avant de sortir de Fairbanks et de nous éloigner des routes fréquentés. Lorsque nous nous éloignons de la civilisation, c’est une tempête qui s’annonce face à nous. Des nuages noirs et lourds, le vent qui se met à souffler de face et de côté. Heureusement, nous arrivons près d’un restaurant où se tient se jour là le « Tour de Fairbanks ». En français dans le texte. C’est assez marrant d’arriver tout cyclo-joyeux que nous étions, au milieu d’autres amateurs fraîchement arrivés de leur course. Là nous faisons connaissance avec Sarah, venue juste faire un tour. Nous partageons un bon moment le temps du déjeuner. Le ciel semble plus clément, nous reprenons la route. Puis nous prenons une bonne averse. Comme à l’ordinaire, les voitures et les camions que je croise me saluent. Les occupants de l’une des voitures sont particulièrement enthousiasmes à mon passage… Je leur lance un coucou tout en poursuivant ma route sous la pluie battante. Il s’avérera que Johann était dans cette voiture ! Le Français avec lequel j’avais commencé le voyage, et qui, contraint par le temps, avait filé vers le nord sans tarder. Ce premier ratage en augurera un bien plus fou…

Au matin du deuxième jour, nous envisageons de pédaler jusqu’au début de la Dalton Highway. Ou jusqu’à la fin de l’Elliott Highway. C’est comme vous voulez. Cette étape est splendide. Aussi belle que vallonnée. Aucune portion de route n’est plate. Nous passons notre temps à grimper ou à descendre. A dominer des vallées vertes et étendues, ou à contempler les montagnes. Il fois franchi le premier panneau indiquant le début de la Dalton hwy, c’est-à-dire après plus de 80 km à pourchasser Tim qui avance à vive allure, mon esprit décide subitement de ne plus avancer. Nous ne pouvons pas rester précisément où nous sommes car l’endroit est infesté de moustiques (ha bon ?!) et le cadre peu accueillant. Je signale à mes coéquipiers que je ne suis pas capable d’aller très loin. Je fais 400m sur mon vélo, en côte (sinon c’est pas drôle) et m’arrête. Je pousse mon vélo, préférant marcher plutôt que de pédaler. Brad me remotive et déploie son arme anti-coup-de-barre : les Jelly beans. Des bonbons pleins de sucre. Je prends le temps de souffler et me remets en selle. Nous camperons à 5 min du premier panneau Dalton Hwy. Tim aura l’idée lumineuse de planter sa tente juste sous le mystique panneau de la Dalton Hwy, détruisant sans doute le rêve de dizaines de touristes venus se faire photographier devant l’insigne… Plus tard je comprendrai que je n’ai pas assez mangé, que je ne me suis pas suffisamment arrêtée, que le rythme maintenu n’était pas le mien. Un repas copieux et une nuit de sommeil sur un parking finiront par me faire le plus grand bien.

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Le troisième jour démarre difficilement. Le double dîner et le repos n’ont pas suffit à remettre en ordre de marche mon cerveau bien décidé à stagner. Malgré tout, il faut bien avancer. Nous prévoyons d’aller jusqu’à la rivière Yukon ! Un nom qui sonne joyeusement à mes oreilles et me laisse rêveuse. Le fleuve s’étend sur plus de 3.000km, depuis le Canada jusqu’à la mer de Béring.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Yukon_(fleuve)

Une fois de plus, la route est exclusivement vallonnée, ne laissant que peu de répits. Je serai à nouveau d’aplomb après une pause café à 16h… Là, commencera une nouvelle journée pour moi. Je suis en forme. C’est à mon tour de soutenir mon coéquipier qui présente les mêmes « symptômes » de que moi la veille.

Au cours de cette journée, nous avons gaiement, gentiment mais assurément, détesté les motards filant à vive allure, confortablement installés sur leurs destriers, aisément propulsés à la force du poignet. Malgré la difficulté, ça restera une formidable journée, avec son lot de rire lorsque nous étions (nous pensions y être..) au fond du gouffre, ses barres chocolatées, ses cafés réconfortants, ses pauses bienvenues.

Et nous serons au restaurant de Yukon River Camp juste à temps pour éviter la pluie ! Rejoignant Tim qui patienta trois heures durant…

Elliott Highway

Le quatrième jour, la route se gâte. Alors qu’elle était goudronnée jusqu’à Yukon River, nous devons désormais composer avec le gravier et la terre. Ca ne pose pas de problème par temps sec, excepté la poussière soulevée par les véhicules. Il pleut. Les camions -principaux utilisateurs de cette route- roulent au milieu, laissant sur les côté, quelques centimètres de boue collante offerte aux cyclistes qui voudraient garder la vie sauve. La boue se coince partout dans le vélo. Les garde-boue font bien leur boulot : ils retiennent tellement la boue que le vélo n’avance plus ! Le pignons est plein de boue, la chaîne n’accroche plus aux dents, les pédales tournent dans le vide ou se bloquent. J’ai beau nettoyé, un coup de pédales suffit à tout encrasser à nouveau. Alors je pousse le vélo dans deux « montagnes russes » comme ils les surnomment ici. Puis la grêle se met à tomber. Puis Brad crève un pneu. Et nous finissons par rejoindre la route goudronnée au sommet une colline. Campement sur un parking. Sans Tim qui avait prévu d’atteindre le cercle polaire ce jour-là.

La pluie me berce doucement. La nuit sera salutaire.

 Dalton Highway - le jour où j'ai pataugé dans la boue

   Cantal for ever

Le lendemain nous poursuivons… toujours en direction du Nord. Nous croisons deux frères à vélo partis de Deadhorse. Très enthousiastes et sympa, nous discutons 1/2h avec eux sur le bord de la route. Ils filent vers l’Argentine. Un peu plus loin nous passons Finger Mountain qui abrite un rocher en forme de doigt d’honneur… Finger Mountain quoi ! La route est toujours aussi vallonnée, variée et belle. Les étendues vertes sont dépourvues d’arbres à cet endroit. Quelques rochers animent un paysage calme, invitant à la contemplation. Nous gagnons le cercle Polaire ! Il est matérialisé par un grand panneau, sur un parking. Les moustiques sont aussi de la partie. Nous traçons jusqu’au col de « Gobblers Knob » qui surplombe sur vallée magnifique, vaste et dégagée. J’apprendrai par la suite que les routiers l’appellent « Top of the world » : leurs radios fonctionnent même à une très grande distance de ce point tant Globblers Knob domine. Nous campons… sur un parking. Ca vous étonne ? Le lieu étant particulièrement remarquable -outre ses toilettes, les derniers avant une centaines de km- des touristes auront la bonne idée de débarquer à 1h du matin pour admirer la vue. Car le soleil ne se couche pas vraiment. La nuit ne tombe jamais. L’obscurité n’existe pas. En 5 semaines de voyage je n’ai pas allumé une seule fois ma frontale…

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Nous partons en fin de matinée. Brad crève un pneu. On patiente donc avant d’entamer la descente. C’est plutôt agréable de commencer en roue libre. C’est un peu comme assister à une réunion dans laquelle on n’a rien à faire. Ca laisse le temps de se réveiller, d’admirer le paysages, de voir grossir à l’horizon la prochaine station de pompage de pétrole. Ce jour-là nous gagnerons Coldfoot, où nous attend un buffet et un challenge : manger 5 assiettes. Crudités, soupe, poisson, viande, légumes, plats divers, desserts. Ca laisse le choix. Nous rencontrons deux cyclistes canadiens arrivés la veille. Puis Scott, un cycliste Américain. Nous serons rejoints par Kody, motard, à qui je lancerais un « We hate you » avec un grand sourire. Nous discutons jusqu’à une heure avancée et plantons les tentes à proximité du restaurant, pas trop loin du parking des camions…

Une journée « OFF ». Comprendre : une journée zéro kilomètre. En réalité nous en avons parcouru 8. Mais nous passons la journée au restaurant, à manger pancakes et à nous ressourcer -à nouveau- buffet, nous visitons le centre d’informations. Nous regardons deux documentaires sur le Brooks, cet espace protégé qui fut le premier classé « wilderness » en Amérique. Un espace sauvage. Une belle histoire d’aventuriers partis découvrir une nature vierge au Nord-Est de la Dalton Hwy. Une belle leçon de persévérance dans leur volonté de donner à cet espace à statut particulier, préservé de toute atteinte humaine, et surtout de toute convoitise des compagnies pétrolières.

Nous poussons tout de même jusqu’au camping de Marion Creek pour passer la nuit loin des camions, de la route et plus près des ours.

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C’est reparti pour un tour ! 8ème jour sur la Dalton Hwy. La route est relativement plate, jolie. Les paysages doucement courbés. Nous croisons à nouveau un couple de Belges, déjà aperçu au début de la Dalton Hwy alors qu’ils rejoignaient Deadhorse en bus. C’est une journée relaxante, idéale après une journée fainéante.

Et nous nous installons… sur un parking pour la nuit, à côté d’un groupe de voyageurs à cheval ! Des gens bien sympas, on se dit que les animaux devraient nous alerter en cas d’éventuelle approche d’un ours bien connu dans le coin.

Être réveillée par la « voisine » qui demande -à travers nos tentes- combien nous voulons de pan cakes. J’ai connu des lundis plus difficiles. Nous sommes gentiment conviés autour de la table. Avant de déguster, l’un des membres du groupe prononce une prière. Ho oui ! Merci à toi, ma bonne étoile, d’avoir placé sur ma route, des gens si attentionnés, si accueillants.

Il faut bien poursuivre, alors nous enfourchons nos bicyclettes. Deux cols nous attendent : un premier pas très haut, un second qui sera le dernier dénivelé important de la route. Rapidement, un van de touristes nous apprend qu’un grizzli rôde juste au sommet. Mais nous ne le verrons pas. Dans le second col je me sens bien. J’avance concentrée. Un autre van de touristes, arrêté à mi-chemin de la montée, m’offre deux sachets d’un mélange cacahuètes/m&m’s, pour Brad et moi. Une bien belle attention, dont je ferai qu’une bouchée une fois au sommet. De l’autre côté du col, c’est un vallée extraordinaire qui nous attend. Les arbres désertent à partir de cet endroit. C’est ainsi à travers le monde : aucun arbre ne pousse au-delà d’une certaine latitude et d’une certaine altitude. C’est le début de la toundra qui nous guidera jusqu’à l’océan.

Nous croisons Tim, qui revient du Nord, roulant car il n’a pas trouvé de chauffeur pour rentrer depuis Deadhorse. Ca commence à m’inquiéter… Il est donc possible de ne pas trouver de véhicule en auto-stop.

Une bien belle journée qui commence et s’avérera plus difficile que prévu. Certes, le parcours fait l’apologie de la platitude du monde, mais le vent souffle de face, et les gravier recouvrent la route. Les douleurs tendineuses que je tentent de soigner depuis quelques années déjà se font de plus en plus vives. Mes coudes absorbent toute mon énergie. Je n’arrive même pas à manger tellement la douleur me tiraille et m’obsède. Voltarène 75. Ca ne passe pas. Des pauses. Des étirements. Des mouvements enseignés par mon kiné. Ca ne passe pas. Nous finirons par nous arrêter, profitant d’un bon repas réchauffé au jet-boil. Nous décidons de laisser passer la vent qui devrait se calmer en fin d’après-midi. Alors je plante la tente et dors. Un policier, que dis-je LE policier, nous rend une visite de courtoisie, voulant s’assurer que nous allons bien dit-il. Nous reprenons la route à 22h. Ca ne pose aucun problème puisque le soleil brille toujours. Alors nous progressons jusqu’à minuit. Sans vent. Avec des températures qui se rafraîchissent sérieusement. J’empile les couches de vêtements, et suis ravie de me glisser dans mon sac de couchage bien chaud.

C’est reparti pour une journée au milieu de la toundra, sur une route plate au possible, accompagné d’un vent de face fatigant. Nous faisons une longue pause en milieu d’après-midi et grappillons une dizaine de miles en fin de journée, sans vent.

L'humour Alaskain ; rappelons qu'aucun arbre ne pousse sous cette latitude

Nous ne sommes plus qu’à 28 miles de Deadhorse. Soit 45km dans le vent… de face. Je pars dans de bonnes conditions. Je sais que ces 4 prochaines heures seront difficiles, mais l’arrivée est proche. Malgré tout, je craque moralement. Toute cette concentration pour tenir le cap au milieu de rien. Des perspectives qui grossissent très lentement. Peu de camions et ça m’inquiète dans la persepective d’un retour vers Fairbanks le lendemain. Non sans mal, j’arrive à Deadhorse. J’apprendrai de la part de mon coéquipier, resté quelques centaines de mètres derrière moi, que deux ours se trouvent près de la route, quelques miles avant Deadhorse. J’étais si focalisée sur la route, les gravier, le vent, l’envie d’en terminer, que je n’ai rien rien. Une seule chose à voir en 4h et je passe à côté !

Bref, nous en rions en engloutissant copieusement une soupe chaude. Ou devrai-je dire 3 soupes. Ne jamais placer un buffet sur la route d’un cycliste affamé. Non, jamais.

Visite en navette jusqu’à l’océan Arctique car l’espace est réglementé. Nous avons dû communiquer nos numéros de passeport plusieurs jours avant. Lorsque nous étions à Coldfoot puisque c’est le seul espace couvert par le réseau télécom. Nous traversons donc Prudhoe Bay conduits par un autochtone. Au milieu de ces monstres de fer, de son industrie pétrolière. Nous posons un pied sur l’océan gelé. L’horizon est bouché par d’épais nuages qui planent depuis déjà plusieurs jours au dessus du bout du monde.

Il est interdit de camper à Deadhorse pour des raisons de sécurité. Chaque année, des ours polaires approches de la ville. Afin d’éviter toute tentations, et toute attraction des animaux, nous devons nous rabattre sur l’un des hôtels de la ville. Et là encore, c’est open restaurant ! Des produits frais et bien cuisinés nous attendent. On panse déjà les plaies laissées par ces journées difficiles. Nous rencontrons Mike, motard qui a eu un accident deux jours auparavant. Nous passons la soirée ensemble à manger plus que de raison, à tester les différents cookies, à se servir en soda et en thé, à volonté.

Prudhoe bay...

Brad prend l’avion jusqu’à Fairbanks. Je ne peux envisager un trou de 450$ dans mon budget, alors je commence à tâter le terrain. La veille, deux employés qui travaillent dans les cuisines étaient venus me parler, par curiosité, parce que je suis une fille, parce qu’ils ont mon âge et que ça devait les changer des routiers. Bref, ils m’indiquent que je peux m’adresser à une société de transport située de l’autre côté de la route. J’enfile ma doudoune, mon bonnet en laine, et me rend au bureau de cette société. Les chauffeurs ne sont pas autorisés à transporter des passagers pour des raisons d’assurance. Mais des routiers indépendants travaillent pour cette société. Eux peuvent, s’ils le souhaitent, embarquer qui ils veulent. Je laisse mon nom, le nom de l’hôtel où je squatte. Et ô miracle, 30 minutes plus tard, le responsable du bureau de transport vient me chercher car il a trouvé un chauffeur qui accepte de m’emmener jusqu’à Fairbanks !

Quand je conduis un camion !

Stephen me conduira gentiment jusqu’au pallier de la porte de Duncan, qui m’héberge à nouveau. Nous partons de Deadhorse à 9h30 et arrivons chez Duncan à 1h30… Une belle manière de conclure cette étape : dérouler le film en sens inverse, en compagnie d’un bonhomme bien sympathique. Nous parlons, nous écoutons de la musique, nous rions. Merci mille fois pour ce trajet fort instructif. Car Stephen parcourt la Dalton Hwy depuis 10 ans environ. A chaque virage, il me raconte les anecdotes de cette route. Comme ce gars en monocycle, ou le célèbre Japonais qui, en plein hiver, marchait avec une pulka et dormait dedans, ou ce chauffeur qui n’avait plus de frein sur son camion, a manqué de percuter un véhicule, et ne pouvant s’arrêter une fois en haut sur l’autre versant, eet reparti en sens inverse. Les passagers rescapés se disant : il revient pour nous achever !

Voilà, la Dalton Highway, c’est un peu tout ça. Le monde des nomades et de ceux qui circulent, de ceux qui travaillent et de ceux qui s’amusent à faire du vél, de ceux qui construisent des routes, et de ceux qui font avancer la pétrole.

Après toute cette boue et plusieurs jours sans me laver, il me reste une chose à faire :

Clean all the things

En chiffres :

820 km parcourus

12 jours pour faire Fairbanks / Deadhorse

1 ours

2 boeufs musqués (musk ox)

1 renard blanc

2 renards

1 loup

2 élans

Une 15aine de caribous

Autant d’écureuils

Des 100aines de moustiques

Autant de motards

Une 20aine de cyclistes

Deux fois plus de camions

Des températures entre -2°C et 25°C

L'oeil dans le rétro

 

De retour du Nord !

Me voici revenue de l’Arctique ! Après 12 jours sur Elliott et Dalton Highways, de Fairbanks à Deadhorse, loin de la civilisation, voici les premières photos d’une belle étape. Avec des journées splendides, mémorables, des moments difficiles, mais toujours le plaisir d’être sur la route. Un concentré de voyage sur 800km.

De quoi vous mettre l’eau à la bouche en attendant un récit plus détaillé et davantage d’images…

PS : je vous remercie infiniment pour tous les messages et commentaires sympathiques et encourageants que vous m’adressez ! Ca me fait extrêmement plaisir de constater que ce voyage suscite curiosité et enthousiasme. Merci merci !

PS : je suis à la recherche d’une solution pratique pour la publication et la consultation d’albums photos en ligne. Les proposition de WordPress ne sont pas satisfaisantes, certains d’entre vous on eu des difficultés à accéder aux images… Qui aurait une idée ?

Elliott Highway                               Dalton Highway - le début de la fin

 

Dalton Highway - le jour où j'ai pataugé dans la boue    Dalton Highway Elliott Highway - un décor de carte postale, n'est-ce pas ?

 

Dalton Highway - l'alimentation du vélo, c'est important.       

 

 

Dalton Highway - un élan qui lorgne qui ma bicyclette...     Dalton Highway - le pipeline où coule l'or noir de l'Alaska, depuis l'Arctique jusqu'au centre de l'Etat

 

Dalton Highway - le cercle Polaire !      Dalton Highway

 

 

 

De l’étuve au blizzard

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Denali NP

Au terme d’un peu plus de deux semaines sur les routes Alaskaines, il est temps de faire un premier point sur le voyage.

Anchorage to Denali NP

Partie d’Anchorage (capitale de l’Alaska) le samedi 17 mai avec Johann, mon coéquipier Français, j’ai rallié Whitthier en deux jours. Deux belles journées printanières, avec une route facile, le vent dans le dos. Des conditions idéales pour se lancer à l’assaut des 13 000 km qui m’attendent. La peau commence à dorer et les barres de chocolat fondent dans les sacoches. Nous roulons avec une vue incroyable sur la péninsule du Kenai, située juste au sud de notre itinéraire.  Le vélo est en forme et les jambes avancent bien.

Nous passons par Beluga Bay. Pas de béluga en vue. Par Indian Creek. Pas d’Indien à l’horizon.

Nous plantons sauvagement les tentes près d’un lac infesté de moustiques. Un élan passera près de nos tentes le soir venu. Je dormais, je n’ai rien entendu…

A Whittier, nous retrouvons Brad, troisième équipier de l’aventure, et néanmoins Australien. Le soir venu, dans le petit camping rudimentaire de Whittier, un homme vient nous voir pour nous signaler la présence d’un ours, sur la montagne à 400m de nous. On s’active pour regrouper la nourriture et les produits cosmétiques odorants qui attirent les plantigrades. Et on suspend le tout à 4 ou 5m de hauteur, sur un arbre, à l’aide d’une corde. Après ça, essayez de trouver le sommeil.

Le 19 mai, nous prenons le ferry jusqu’à Valdez. Une ville au moins aussi attractive que sa cousine Whittier. Nous y dévorons la première pizza de l’aventure et prenons la route le lendemain matin en direction du nord, pour quatre jours de pédalage avant de bifurquer.

Nous intriguons sur nos vélos chargés, dans nos costumes de cyclo-voyageurs . Les Américains sont curieux et avenants. Ils sont très sympathiques, se montrent souvent encourageants, voire admiratifs. C’est assez plaisant.

Nous franchissons le premier col après une lente et longue montée. Les montagnes grandissent, la vallée s’éloigne doucement. Le col n’est plus très loin, jusqu’à ce qu’il nous fasse basculer dans une toute autre vallée, avec son lot de glaciers, de courant froid, de descente en roue libre. La nuit s’annonce fraîche mas sera reposante. Surtout après une « douche » à la neige. Oui, je me suis lavée avec de la neige. J’ai bien cru perdre une partie de mon corps à ce moment-là. Le lendemain nous levons le camp installé entre deux panneaux touristiques expliquant les différents types de formation des glaciers. Juste avant l’arrivée d’un car déversant son flot de touristes Asiatiques.

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La route nous conduira plusieurs jours par monts et par vaux, avec sur noter gauche une rivière qui grossira jusqu’à devenir lac. Paxson lake. Depuis Paxson nous bifurquons enfin sur Denali Hwy.

Au 20ème miles nous nous arrêtons dans l’un des deux restaurants que compte la Denali Hwy longue de 217km. Le restaurant est absolument kitshissime. Des cadres d’un autre temps ornent les murs. Des photos de George W. Bush trônent aux côtés de portraits d’Esquimaux agrémentés de Husky. Wes Anderson pourrait trouver là l’inspiration pour un prochain film. J’engloutis quelques tasses de café et mets mon végétarisme au placard, une fois de plus. La maison ne sert pas de burger végétarien. C’est alors qu’un cycliste débarque. Mark voyage dans le sens inverse du notre. Nous discutons un moment puis poursuivons chacun de notre côté. Nous passons deux nuits près de ce café.

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Après ce répist bien mérité, nous entamons la route en gravier qui nous mènera jusqu’à Cantwell, situé 180km plus loin. Cette journée qui s’annonçait difficile, -avec un col à passer, de la neige partout autour de nous, une route sans asphalte- sera finalement un moment superbe ! Le soleil donne, les alentours sont splendides, la neige m’émerveille.

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Une fois le col passé, nous nous octroyons une pause bien au chaud, dans le second restaurant de la route. Soupe et pain à volonté. Nous nous fondons dans la masse, entre deux bus de touristes venus traverser l’Alaska. Nous prenons des forces avant d’avaler à nouveau une 40aine de kilomètre jusqu’à un arrêt sauvage pour la nuit. Le coin douche ressemblait à ça le soir venu :

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Lorsque nous arrivons à Cantwell, c’est un peu la fin du tunnel. Le retour à la lumière. La route goudronnée déroule sous nos roues des kilomètres lisses. Poussés par un vent venu du Sud, nous parcourons très rapidement les 25 miles entre Cantwell et l’entrée du Denali National Park. Certes, les camions « Oversize » et autres pick-up démesurés ne cessent de nous dépasser, mais quel plaisir d’avancer à vive allure avec autant de facilité !

Nous voici dans le parc du Denali !

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Mes coéquipiers choisiront de partir à l’aventure en randonnée dans les montagnes du fin fond du parc (ils reviendront 2 jours plus tard, stoppés et refroidis par les conditions météo dantesques). La Denali Road (à ne pas confondre avec la Denali Hwy) est une route sans issue. 140 km de montagnes, de géologie fascinante, d’animaux sauvages. Les Américains sont fiers d’appeler ça « wilderness ». Une nature à l’état pure qu’ils veillent à préserver. Bref, pour aller plus loin sur cette route je prends un bus d’où le spectacle sera permanent. Les montagnes au Sud sont magnifiques. Polychrome est un lieu incroyable (tapez Polychrome sur Google vous comprendrez pourquoi ça s’appelle ainsi). C’est un vrai zoo à ciel ouvert. Depuis le bus nous verrons plusieurs ours et oursons, quelques élans, des caribous, des moutons sauvages.

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J’enfourcherai seule mon vélo depuis l’entrée du parc jusqu’au miles 22 pour une nuit au camping avec Rae, une cycliste Canadienne rencontrée à Cantwell, quelques jours plus tôt. Sur le chemin je rencontre trois coureurs incroyables ! Trois jeunes étudiants venus d’Indianapolis (4 jours de voiture avant d’atteindre l’Alaska me précisent-ils), et qui ont décidé de savouré leur vacances d’été en courant chaque jour dans des coins incroyables. Quelle forme olympique ! Ils me doublent en côte, je les rattrapent sur le plat et nous discutons dans la descente. Une belle rencontre qui illuminera ma semaine. Trois mecs qui courent en short fluo et en sweat à capuche, au beau milieu de ce décor, ça avait des airs de Forest Gump (souvenir rafraîchi de ce film par un visionnage dans l’avion, je l’avoue).

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Ce matin, Johann est parti seul pour tenter de rallier Prudhoe bay pendant le temps qui lui est imparti, avant d’embarquer à nouveau pour la France. Avec Brad, nous repartons demain en direction de Fairbanks où nous rejoindrons Tim, l’Anglais de la bande.  De là, nous nous rendrons à Prdhoe bay, sur les bords de la mer Arctique. Deux semaines d’aventure en perspectives sur la mythique Dalton Hwy.

En tous cas, les confirmations agréables se succèdent : les Américains sont vraiment adorables, accueillants et prévenants. Les paysages dépassent mes attentes (bien que j’ai pour habitude de ne pas trop regarder où je vais pour conserver intacte la découverte des lieux). Le vélo n’est toujours pas électrique, mais je roule avec plaisir.

Merci pour tous vos commentaires et vos petits mots gentils. ça me fait extrêmement plaisir !

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L’Alaska, c’est un peu ça…

Une grève, du luxe, des courses contre la montre… l’Alaska !

Me voici arrivée en Alaska ! Le voyage jusqu’ici n’aura pas manqué de rebondissements.

Une grève : Le vol que je devais prendre mercredi matin a été annulé. Il a donc fallut  patienter une journée de plus avant de quitter la France. Pas grave, j’ai tout mon temps. Surtout mes copines Parisiennes me rejoignaient à l’aéroport.

Du luxe : La compagnie aérienne prend à sa charge les frais d’hébergement liés à cette annulation de vol. Avec un forfait confortable, j’ai opté pour… l’hôtel Hilton situé près de Roissy Charles de Gaulle. Sorte d’ultime et absolu confort avant l’aventure. Bon en fait, c’est juste une chambre avec un lit king size et une salle de bain. Et un bonnet de bain parmi les produits fournis…

Des courses contre la montre : Le jour J (jeudi), j’ai dû consolider le carton dans lequel se trouvait mon vélo. Ca a pris plus de temps que prévu juste avant l’enregistrement. Au moment de l’enregistrement, les agents Français de l’aéroport ont fait du zèle, me demandant mon billet d’avion retour. Comment ça vous n’en avez pas ? S’en suivra une avalanche de questions. Puis un coup de fil au service de l’immigration des Etats-Unis. Qui répondront : OK, elle peut venir. Mais je suis prévenue : à mon arrivée sur le sol Américain, le service en question me posera plein de questions. Je passe les 10h de vol entre Paris et Seattle à me demander comment argumenter le fait que je sois bien là pour du tourisme, et que je respecte les règles. Exceptée celle d’avoir en ma possession un billet retour. Au final le contrôle a consisté en 4 questions : Vous êtes là pour du tourisme ? Oui. Quel genre de tourisme ? Du cyclisme. Vous restez combien de temps ? 6 semaines (bin, c’est vrai, je reste environ 6 semaines en Alaska). C’est quoi votre boulot ? Manager projet (bin, c’est pas faux non plus…).

Mais à Seattle après avoir fait la queue pour 4 questions, après avoir attendu le vélo, après avoir attendu pour passer par les douanes, après avoir déposé le vélo, après avoir pris 3 navettes, attendu puis passé (pour la seconde fois de la journée) le contrôle des bagages cabines, j’ai couru jusqu’à l’embarquement juste à temps.

La version de la course contre la montre à Paris aura été quasiment la même, avec en plus deux passages critiques à propos de l’absence de billet retour.

Et puis l’Alaska ! Enfin. Le bout du monde.

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Depuis l’avion.

 

Aujourd’hui (vendredi), Johann -mon coéquipier) et moi partons à la recherche de nourriture. On va au supermarché du coin en fait. Oui la vie sauvage n’a pas vraiment commencé… Et nous tombons sur la mère d’Anna -qui nous héberge-, sur des chips bien chères pour ce qu’elles sont, sur un mec qui crève des pneus de 4×4… en résumé. Nous sommes aussi allés à REI, une grande surface spécialisée en produits de sport. Là-bas j’achète un drap chaud. Car la nuit passée en tente -dans le jardin de la maison d’Anna- aura montré les limites de mon duvet. La fatigue n’aidant pas à se réchauffer. C’est une bonne chose dans le fond d’en prendre conscience maintenant, pendant que je suis dans la capitale Alaskaine. J’achète également une cloche. C’est pas la peine d’imaginer une cloche pour Salers, celle-ci mesure 1cm, elle devrait prévenir les ours sur mon passage… Deux précautions valent mieux qu’une, alors je me dote  surtout du célèbre spray anti-ours. Le voici :

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Avec tout même l’espoir de ne pas avoir à m’en servir.

Je n’ai pas vu grand chose d’Anchorage, mais voici tout de même une idée de ce à quoi ça ressemble : d’immenses avenues pour immenses voitures. Et les montagnes au loin.

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///// En bref ////

Le décalage horaire de 10h semble absorbable.

L’anglais mâché ne m’a pas encore posé de problème.

Le dollar est toujours aussi favorable aux Européens.

A midi j’ai déjeuné pour la première fois dehors et en T-shirt.

Ce soir, c’est barbecue chez Anna. Je vous laisse, les chips m’appellent.

Merci pour tous vos messages !