De retour !

Déjà ? Oui déjà. Je suis rentrée après une dizaine de jours de voyage à vélo. Après avoir parcouru 500 km d’Oslo à Bergen. Après avoir navigué au milieu des montagnes et des fjords.

Elle est belle la Norvège. Avec ses champs cultivés, ses petits sentiers qui sentent les conifères, ses stations service qui fleurent bon la cannelle et le café, ses maisons aux toits végétalisés, ses montagnes encore recouvertes de neige, ses fjords qui vous protègent de la rage de l’océan.

Oui elle est belle la Norvège. J’avais besoin de réfléchir et de me dépenser. Sans doute aussi de clore en solitaire mon voyage de l’an dernier achevé trop tôt. Alors voilà, c’est fait. Je raccroche les sacoches le temps de souffler. De retrouver une vie normale.

La solitude que j’avais tant appréciée il y a un an, pesait lourd cette fois-ci. Mais c’est surtout le manque de contact, de rencontre qui m’a ennuyée. Voyager d’Oslo à Bergen fut parsemer de sublimes paysages que j’ai parcourus avec une forme physique surprenante. Et déclinante sans jour de repos.

Bref, je suis rentrée et les photos seront prochainement en ligne.

En attendant, bon vélo à vous, bon voyage et à bientôt !

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Cap au Nord. Encore !

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Sans objectif. Sans limite. Avec l’envie de renouer avec le voyage, la nature, les grands espaces. Je reprends la route à bicyclette. Pourvue d’un nouveau vélo. Après avoir vendu Mario à l’un de ses compatriotes. C’est encore le Nord qui l’emporte. Mardi 23 juin 2015 je vais commencer un nouveau voyage. Plus modeste. Plus court. Plus arrosé aussi. Un voyage que je souhaite effectuer en toute liberté. Il m’aura fallut un hiver et tout le printemps pour y songer. Quelques heures à peine pour décider. Repartir d’avère finalement assez simple. Grâce aux partenariats noués l’an dernier et au soutien de mon entourage -famille, collègues- j’ai pu faire l’acquisition de matériel de qualité prompt à refaire un tour.
Quelques questions subsistent. Mes épaules vont-elles m’épargner les douleurs que je n’ai plus réussi à appréhender l’an dernier ? Est-ce si facile de voyager sans but précis ?
Je donnerai de sommaires nouvelles car je n’emporte pas mon ordinateur. Vous retrouverez donc les photos des paysages scandinaves à mon retour…
Vous pourrez aussi me suivre via la page facebook de Goûter aux alentours.
A très bientôt !

Grand virage…

La dernière fois que j’ai posté un article, j’avançais en direction de San Francisco par la côte Ouest des Etats-Unis. A mi-parcours entre Portland et San Francisco (SF), il a bien fallu que je me rende à l’évidence : les douleurs chroniques que je ressens depuis des années, avaient encore gagné du terrain. De la nuque jusqu’au bout des doigts, j’ai mal. Mes nuits sont perturbées et ça m’inquiète. Je gigote sur le vélo dans l’espoir de trouver une position qui me convienne. Nouveau réglage de hauteur de la potence, nouveau cintre, nouvelles poignées. Rien n’y a fait.

Californie, suite et fin

Californie, suite et fin

Alors pour ma santé future, j’ai pris la décision difficile de revoir mes plans, d’arrêter de rouler à vélo. Avec Loïc, nous avons choisi de rallier SF en train depuis le Sud de l’Oregon. A SF nous avons loué un van qui nous emmène aux quatre coins du Sud-Ouest des Etats-Unis : Yosemite, Death Valley, Las Vegas, Zion, Bryce, Grand Canyon,  Joshua Tree, puis pour finir, Los Angeles, d’où nous reprendrons l’avion en direction de Paris. Voyager en véhicule motorisé n’a pas la même saveur, ni le même coût. C’est pourquoi nous quitterons le sol Américain le 15 novembre (enfin, ça c’est le plan officiel, mais en général, j’ai pas trop de chance avec les transports…).

Arrivée à Death Valley

Arrivée à Death Valley

Las Vegas by night!

Las Vegas by night!

A mon retour, je prendrai le temps de vous parler de San Francisco, de ce bout de voyage en voiture, et de mes impressions générales sur ce voyage, sur l’Amérique du Nord.

See you!

 

Washington State : l’été Indien en Amérique

Les photos sont ici !

Je suis repartie de Vancouver le 18 septembre, en compagnie de Loïc, cycliste au long court qui m’a rejointe quelques jours plus tôt. Nous filons laborieusement en direction de la frontière Canada /Etats-Unis, mon visa en poche (ceci est une autre histoire…). Pendant 3 semaines j’ai savouré la vie citadine à Vancouver et ai très peu roulé. Mon corps a déjà oublié comment faire avancer une bicyclette chargée de 25kg de tout et de rien. De plus, sortir de cette grande ville s’avère être un vrai casse-tête ! Les pistes cyclables slaloment entre les voies rapides ; dessus, dessous, on prend à gauche, on suit les panneaux, y a plus de panneaux, on fait quoi ?! Hé bien on bat des records de lenteur ! Bien aidés par la pluie et par un aiguillage hasardeux à la frontière Américaine, nous roulons… 50km en 2 jours. Qu’importe, on continue sous la pluie en direction des îles de l’ouest, dans l’Etat du Washington.

Point de cocotier ou de plage de sable fin.

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C’est toutefois le grand retour de chaleur humaine à l’Américaine. Nous croisons beaucoup de curieux qui nous demandent où nous allons, d’où nous venons. Les questions habituelles. Il y a aussi ceux qui, nous voyant un peu perdus, s’arrêtent et nous proposent de l’aide. Je retrouve ce plaisir un peu perdu, de discuter avec les locaux, mêmes brièvement. Tout ça m’a manqué durant les dernières semaines de pédalage au Canada sur les grands axes ou parmi les touristes.

Nous sillonnons donc les îles, passant de l’une à l’autre. La route est relativement plate. Ca m’arrange ! Les paysages sont vastes, leurs champs cultivés à perte de vue. On alterne camping sauvage dans les bois (grande spécialité de Loïc) et douche (plus ou moins sauvage) dans les campings d’Etat. On se perd une fois (un prémisse de ce qui nous attend après Seattle… ?) à discuter sans prêter attention aux panneaux. Ha non, y avait pas de panneaux. En tous cas, on a fait un détour d’une dizaine de kilomètres.

L'arrivée à Seattle, grandiose !

Nous finissons par rallier Seattle grâce à un ferry. L’arrivée par la baie est grandiose. On fonce sur les immeubles. Les premiers coups de pédales dans la ville sont un peu moins funky : la ville est construite sur une colline, les rues ont été tracées en quadrillage, quittes à offrir des pourcentages de montée indécents. Nous passons quelques jours dans la ville, hébergé par Kurt, un ami de Loïc. nous regardons tomber les premières feuilles mortes tout en réparant les vélos.

Sur les conseils de Kurt, nous choisissons de filer vers le Sud en faisant un détour par l’Est de l’Etat, par un coin très aride. On se perd. Plusieurs fois. On cherche le chemin cyclable. Sans succès. On hésite. On consulte les cartes. Pas les astres. Les cartes routières dont l’échelle , inappropriée, ne nous aide guère. On consulte aussi un officier de policier qui nous assure que nous pouvons emprunter la voie rapide. Alors on fonce vers l’Est. On ne trouve toujours pas l’accès au sentier cyclo. On rebrousse chemin sur la même voie rapide autour de laquelle nous avons tourné pendant 3 jours. Et on change d’itinéraire. Nous nous dirigeons à nouveau vers l’Est, en passant par un col de 70km de long. Pas un seul kilomètre de route plate, pas la moindre micro descente. Il faut pédaler sans arrêt. La pente est douce, mais le chemin est long (c’est pas Raffarin qui avait dit ça ?).

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Nous croisons un gars qui marche le long de la route, poussant un chariot de supermarché et visiblement pas là pour faire ses courses au Safeway du coin (rien à 40km à la ronde). On entame la conversation. Le gars nous demande de l’eau. Je lui offre un litre de ma réserve personnelle. Ce mec commence à nous parler des Indiens qui vivent dans la réserve de l’autre côté de la montagne, et d’un conflit qui les opposeraient au gouvernement Américain. Pas toujours facile de comprendre de telles explications en anglais. Surtout quand le type vous glisse au passage qu’il y a des zombies verts (précis le gars) dans les bois. A-t-on bien compris ? Des zombies ? Hum, étrange, ce mec-là ne doit pas manger que des Chocapic au petit déjeuner. Nous coupons court à la discussion. Il nous précise alors que nous ne devons pas ramasser les objets abandonnés le long de la route, tels que des gants (je vous ai dit, il est précis le gars). Il se charge de les récolter. Ca fait partie de sa mission : il est « avec les FBI » dans la résolution du fameux conflit entre Indiens et Gouvernement Américain. On se retient de rire, et on reprend la route.

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Dédicace aux Cantalous !

Une fois de l’autre côté de la montagne, c’est une longue descente qui nous attend, ainsi qu’un camping fermé (la saison d’été étant terminée) où nous faisons un feu de bois pour nous réchauffer. Les températures commencent à diminuer sérieusement. Depuis le départ de Vancouver, je ressens le changement de saison. Les journées se font courtes. Lorsqu’il est question de vivre dehors, l’impact est assez immédiat. A 19h30 il fait nuit, nous essayons donc de trouver un campement avant 17/18h. Tout le monde dort à 20h. Ou plus tôt. Vivre au rythme des saisons est l’un des grands plaisirs de ce voyage. J’apprécie de voir changer la nature et les éléments au fur et à mesure de ma progression géographique.

On se réveille dans le froid, on rallume un feu. Tandis que le soir même, nous sommes dans cette fameuse zone désertique aride près de Yakima.

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S’en suivront quelques journées de pédalage assez incroyables parmi les collines jaunies et pelées, au milieu de champs arrosé aussi, et le long d’une rivière. Nous poursuivons les bivouacs sauvages planqués dans les broussailles. On commence enfin à trouver notre rythme sur la route : je retrouve la forme physique qui m’avait manquée depuis Vancouver, on prend quelques habitudes de consommateurs dans les rayons des supermarchés, on adhère au programme de fidélité Safeway. Bref, on s’américanise.

C'est l'automne à Safeway !

Nous finissons par atteindre Portland, une ville autoproclamée bizarre, qui entretient sa particularité de ville N°1 du vélo aux Etats-Unis. C’est pas encore Halloween, et pourtant on croise des cyclistes qui nous sembleraient déguisés si nous les apercevions n’importe où ailleurs. La ville connaît aussi son lot de pauvreté, de sans-abris, de jeunes qui mendient, de drogués qui se serrent les coudes. L’endroit est toutefois assez paisible. On se fait racoler 3 fois pour de l’argent ou des cigarette. Nous avons même droit à un grand « Fuck you » lorsque nous refusons de donner de l’argent à un garçon pourtant bien poli jusque là.

La ville est surtout très réputée pour son art de vivre, ses micro-brasseries à tous les coins de rues, ses barbus à vélo, ses doughnuts rangés dans des boîtes roses de chez Voodoo Doughnut, ses burritos géants de la Casa del Sol.

Good thinks come in pink boxes

Good thinks come in pink boxes

Nous sommes hébergés par Lena et Paul, un couple Américano-Anglais chez qui nous restons 3 nuits. Demain, samedi 11 octobre, nous reprendrons la route en direction de la côte Ouest. Nous devrions longer l’Océan Pacifique à partir de lundi. Enfin, ça dépendra de nos égarements et des panneaux ! Prochaine grande ville : San Francisco, dans environ 1200km.

De Vancouver à Portland

De Vancouver à Portland

 

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Icefields Parkway : la promenade au milieu des Rocheuses

Les photos sont ici !

La Yellowhead Highway (Hwy 16) m’a conduite jusqu’à Jasper, dans les Rocheuses Canadiennes. Je passe une dernière journée sur cette Route 16 en compagnie de trois cyclistes Canadiens. Ensemble, au milieu d’un trafic routier dense et sous un orage de grêle, nous rallions la province de l’Alberta.

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J’ajoute 30min à mon horloge, trompe les gardes à l’entrée du parc pour ne pas payer les 9,50$/nuit qui m’autoriseraient à dormir dans le parc national de Jasper, retrouve Daniel, un cycliste Suédois brièvement croisé sur la Dalton Hwy, 2 mois auparavant. Lui-même a rencontré des cyclistes sur place. Nous sommes alors quatre cyclistes et décidons de partir ensemble dimanche 10 août.

Icefields Parkway

Au matin, nous nous mettons en route pour la Icefields Highway. Si j’ai apprécié de passer du temps seule, j’apprécie tout autant de le partager avec Daniel, Ron (Américain) et Kane (Japonais). La route est grandiose, démente. Les montagnes bordent la vallée. Les couleurs sont surnaturelles. Les rivières tellement bleues. Les falaises orangées. Les pentes verdoyantes. Les bus. Les camping car. Nous faisons de nombreuses pauses photos et mini-promenade : une cascade, un canyon, une rivière, un panneau… Tellement de choses à voir ! La météo est avec nous. Il fait très chaud et le soleil brille, brunie ma peau, efface les précédentes traces de tee-shirt et de short.

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Alors il est facile de se laver dans les rivières, même fraîchement alimentées par les glaciers. Nous passons nos courtes soirées à nous remémorer nos histoires en Alaska ou dans le reste du Canada : les ours, les rencontres hors du commun, les lieux de camping improbables. En tous cas, les campings sont désormais équipés de robinets avec eau courante potable. Ca simplifie l’existence de savoir que nous ne risquons pas d’être à sec, que nous pouvons cuire nos pâtes et autres plats de riz à nos aises.

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On roule, on prend une photo, on fait un petit crochet par un site à découvrir. Nous partageons les lieux avec des hordes de touristes Asiatiques, Nord-Américains, Européens. On roule à nouveau. On s’installe pour une pause déjeuner dans un site exceptionnel, avec une vue imprenable sur un glacier, sur un lac. Parmi les visiteurs, affamés après un col, une grimpette de plus d’une heure sous une chaleur écrasante, nous nous installons sur un banc, aussi transparents que des SDF sous un pont à Lyon. La vie de voyageur des grands espaces semble terminée. Personne ne s’inquiète de savoir si nous avons assez d’eau, de nourriture. Les touristes s’agitent, s’agitent. Ca me donne le tournis.

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On reprend la route. On croise une ourse et ses deux oursons. Ses animaux sont toujours aussi majestueux. Surtout quand il s’agit d’ours noirs, plutôt inoffensifs.

Trois jours en tout sur la Icefields Parkaway. Trois journées ensoleillées et joyeuses. Puis le choc du retour à la civilisation qui file à 100km/h. Quelques kilomètres avant Lake Louise, la Icefields Parkway rejoint la Highway 1 : un monstrueux croisement a été construit là, avec un pont, des panneaux de signalisation dans tous les sens. Je reste estomaquée. D’autant plus que Daniel et moi devons emprunter cette route pour aller en direction de l’Ouest. Je dis au revoir à Ron. C’est toujours un pincement de quitter quelqu’un que l’on apprécie. C’est déjà arrivé de nombreuses fois, ça se reproduira. L’itinérance a son lot d’inconvénients.

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Et c’est à quatre roues que nous filons sur cette route rapide, dont les bas côtés sont jonchés de débris en tous genres. Vent de face, trafic rapide, des camions à nouveau. Les alentours sont jolis malgré tout. Je pars pour l’Ouest, recule ma pendule de 30min, branche les écouteurs de mon baladeurs.

En route pour Vancouver !

Carte 5000 km

Des ours et des vaches, des lacs et des sapins, le Canada plus que jamais

"Beautiful British Colombia"

« Beautiful British Colombia »

 

Il s’en est encore passé des choses depuis mon dernier récit à Dawson city ! Je suis toujours au Canada, j’ai quitté la Province du Yukon pour rejoindre la Colombie Britannique où je me trouve actuellement. La route juste après Dawson city ne pouvait être aussi grandiose que celles parcourues en Alaska. Mais les paysages changent de jour en jour et ont de quoi émerveiller à nouveau.

Après deux jours de repos chez Philippe, du réseau Warmshowers (accueil pour les cyclistes chez d’autres cyclistes, à travers le monde), à Whitehorse, je suis repartie seule en direction de l’Est. Sur cette route, l’Alaska highway, on longe souvent de grands et beaux lacs (c’est le Canada, je vous rappelle, faut bien mettre un peu de lacs dans cette histoire), ainsi que des forêts de sapins. Les montagnes au loin domine les paysages.

Watson lake

Les ours, eux, sont bien près de la route. Je verrai les premiers en roulant un soir, après la pluie. 3 ours noirs et deux grizzlis. Le lendemain je verrai une ourse et ses trois oursons. Il paraît que ça porte chance, car d’ordinaire ces animaux ont un ou deux petits. Les bestioles sont impressionnantes. Surtout les grizzlis. D’autant plus quand on est matraqué de consignes de sécurité depuis plus de deux moi et bien au fait du potentiel de dangerosité de ces plantigrades. Les ours semblent cependant assez peu intéressés par les cyclistes et les bananes dans les sacoches. Je passe tout de même une nuit dans les toilettes d’une aire de repos… on sait jamais ! Et puis ça m’aura éviter de prendre un orage par le coin de la tente.

Outre la nature omniprésente qui occupe bien l’esprit, je vais jusqu’à Watson lake, une ville célèbre pour son parc de plaques. Un labyrinthe dans lequel on a envie de se perdre en regardant en l’air les panneaux laissés par des centaines de visiteurs.

Watson lake

Je ne croise aucun cycliste sur l’Alaska highway, soit pendant 440km.

Au moment de bifurquer sur la Cassiar Highway qui part en direction du Sud, je me sens prise d’une angoisse qui m’empêche de rouler sur cette route. C’est une deux voies plutôt étroite et très peu fréquentées. Les ours y sont nombreux, les côtés de la route bordés de buissons et d’arbres, ne laissant pas de visibilité qui me permettrait d’anticiper une grosse bête -genre grizzli. Le vrai problème est le suivant : quand je commence à avoir peur, je ne peux pas surpasser cette peur. Alors je contourne le problème en optant pour du stop. C’est Alison et ses nièces qui me conduiront jusqu’à l’hôtel qu’elle dirige et où toutes travaillent. Alison m’offre une chambre, nous dînons ensemble et allons faire un tour jusqu’à Dease lake, car l’hôtel est tout près. Nous entamons un débat résolu à grand coup de Google : le Mexique est-il situé en Amérique du Nord ou en Amérique central ? Alison me propose de rester chez eux, à Smithers, plus au sud sur ma route, car ils prévoient d’y passer une semaine.

Ashley, Rachel, Alison, Johnathan, Helen

Ashley, Rachel, Alison, Johnathan, Helen

Au lendemain de cette chouette rencontre, et de cette douce nuit dans un lit king size, je ne me sens toujours pas prête à rouler sur mon vélo. Alors je fais à nouveau du stop, en espérant rallier Kitwanga dans la journée, au sud de cette route qui me déplaît tant. Robin m’embarque dans son pick up et nous roulons pendant 7h. A Kitwanga, c’est Rae, une copine cycliste rencontrée en Alaska qui me récupère et me conduit jusqu’à Prince Rupert chez elle.

Prince Rupert est situé sur la côte ouest du Canada, au bord du Pacifique. De la pluie à Prince Rupert ? Non, des arcs-en-ciel ! Nous passons tout de même au travers des gouttes durant une journée et en profitons pour faire du kayak dans un bras de mer. Le vélo ne prépare pas à faire du kayak ! J’ai des bras en guimauve. Mais j’avance bien avec un bon vent dans le dos… Nous passons une journée agréable et voyons des phoques !

Kayak à Prince Rupert    Des phoques !

 

Dimanche 27 juillet, je quitte Prince Rupert et son ambiance humide, équipée d’une nouvelle sacoche de guidon. Une sacoche ETANCHE qui m’évitera bien des tracas pendant les 4 jours qui suivent. La route est bien plate sur environ 200 km. Et ça m’arrange ! J’ai passé une semaine à ne rien faire, à trop manger, à me coucher tard. Tout ça se ressent. Mais la forme revient, les villes se font de plus en plus nombreuses. Désormais je passe par une (petite) ville par jour. Ca signifie que je n’ai plus à me préoccuper de transporter beaucoup de nourriture. Les sacoches s’allègent et je peux enfin manger régulièrement (tous les jours) des légumes frais et du pain.

Camping 5 étoiles...

Camping 5 étoiles…

La rivière qui longe la route est bleue turquoise, les saumons font des bons. Elle offre aussi quelques plages des galets… ou de sable fin.

En m’éloignant du Pacifique, la météo change. Les températures sont de plus en plus élevées. C’est d’ailleurs grâce à ça que je prends (enfin) le temps de rédiger un nouvel article. Il devient difficile de rouler en début d’après-midi. Il fait environ 28°C et le soleil tape fort. De plus, un feu ravage une forêt de la province, la fumée embue le ciel et charge l’air déjà lourd. Alors j’adapte encore mon rythme, tente de ma lever un peu plus tôt afin de rouler à la fraîche.

"Tant de vallées, de prairies, de rivières. Et la joie des plaines."

« Tant de vallées, de prairies, de rivières. Et la joie des plaines. »

L’hospitalité des Canadiens est toujours aussi admirable et appréciable. Hier, à Burns lake, je faisais du yoga dans un parc au bord du lac quand Kelly est venue à ma rencontre. On a commencé à discuter et elle m’a proposé de venir où elle vit pour passer la nuit. Kelly est pompier durant l’été, elle vit dans une grande maison avec plein d’autres pompiers recrutés pour faire face aux feus qui se déclarent en été. Par chance, ils sont tous en repos. 14 jours de boulot, 3 jours de pause. Alors je discute avec les gars qui défilent dans la cuisine, me posent quelques questions sur mon voyage. Une auberge espagnole bien sympathique !

Et me voilà à Fraser lake, squattant le confortable fauteuil de l’office de tourisme. Besoin de wifi ? Allez à l’office de tourisme !

Welcome to my office!

Les dernières photos sont ICI

2 000 km !

Mardi j’ai quitté Fairbanks pour prendre la route en direction du Canada, à l’Est. C’est jeudi que j’ai franchi la barrière des 2.000km parcourus en Amérique du nord !

2 000 km ! Déjà...

Petit résumé :

– j’ai enfin un système de filtration de l’eau, une super pompe qui trie le sable, arrête les bactéries, et même certains produits chimiques. Bref, ça me permet de boire à peu près n’importe quelle eau.

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– je roule désormais seule. Brad et moi avançons à un rythme depuis le début du voyage. Mais au terme d’une journée passée sous une pluie battante, pendant laquelle mon coéquipier a connu une baisse d’énergie tandis que je me refroidissais à l’attendre, nous avons fini par rouler chacun de notre côté. Mais l’Alaska est un petit monde, nous nous sommes déjà retrouvés une fois et devrions nous croiser à nouveau lors de la prochaine étape.

– j’ai rencontré le Père-Noël ! Et je peux vous dire qu’il s’y connaît en vélo !

– j’ai enfin croisé les premiers cyclistes remontant du Sud vers l’Alaska ! Un Hollandais parti d’Ushuaïa il y a un an et demi. Un Anglais parti de Vancouver.

– j’ai encore dormi sur un parking… mais aussi sous un toit, avec table de camping et toilettes à disposition… mais aussi dans ce qui s’appelle ici des « cabins », comprendre un mini chalet avec tout le confort. C’était après la journée arrosée, le propriétaire du camping a tellement eu pitié de moi qu’il a ouvert la cabine inutilisé depuis un an pour que j’u passe la nuit au sec, laissant ainsi sécher ma tente tout ce qui avait pris l’eau durant la journée. Le tout pour une somme modique.

– j’adore rouler sous la pluie. Je déteste le reste de la journée sous la pluie : difficile de s’arrêter pour manger (la pluie tombe dans les sacoches lorsque je les ouvre et puis je me refroidie), difficile de monter une tente sans qu’elle prenne l’eau, difficile de s’éloigner de la route pour pisser sans tremper les chaussures restées sèches…

– Le vélo est enfin baptisé : Mario a pris sa place sur le cadre ! Vélo Mario est né !

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– Il reste encore de gravier à manger, réjouissons-nous !

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– Les montagnes sont toujours aussi belles !

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Je suis à Tok depuis la fin de la matinée. Après un bon déjeuner et une glace, je me restaure à nouveau copieusement avant de reprendre la route en fin d’après-midi en direction de Dawson, au Canada. D’ici 10 miles je bifurquerai sur la Top if the World Highway, nouvelle grande étape qui m’attend ! Encore du gravier, encore des montagnes, encore des nuits sur des parkings (enfin j’espère). C’est une route bien connu des motards et des cyclistes, réputée pour sa vue donnant de part et d’autre de la route, mais aussi pour les conditions de circulation qui peuvent s’avérer difficiles. Vous vous souvenez de l’épisode « dans la boue » sur la Dalton Highway… il se pourrait que je fasse un remake. Affaire à suivre.

Wikipédia raconte ça à propos de la Top of the World Hwy : http://fr.wikipedia.org/wiki/Top_of_the_World_Highway

Allez, je m’en retourne faire honneur au plat que j’ai choisi « Salad bar, eat what you can »

A très bientôt et encore merci pour votre soutien !