Dis, c’est encore loin l’Océan ?

TOUTES les PHOTOS sont ici !

Je vous ai laissés au bord de l’autoroute près de Lake Louise, en Alberta, toujours au Canada, pour mieux vous retrouver ici, près de Vancouver.

Souvenez-vous, c’est en compagnie de Daniel, cyclo-voyageur Suédois, que j’ai entamé un retour vers l’ouest. Alors on prend l’autoroute, au milieu d’un trafic dense et rapide, on se retrouve dans un autre monde en l’espace d’un instant. Fini la route au milieu des montagnes, des touristes. Bonjour la Highway 1, aussi appelée Transcanada highway car elle traverse le pays d’Est en Ouest.

Le décalage a de quoi nous faire rire pendant un temps. Les curiosités ne manquent pas au milieu de ce vacarme : les trains d’un kilomètre de long à droite, les convois exceptionnels à gauche. Et des débris en tous genres sur le bord de la route qui fait office de piste cyclable : de quoi remplir la rayon visserie de M. Bricolage. On esquive les pneus éclatés, les pointes, un tire-bouchon (?!), quelques chaussures égarées. un vrai jeu vidéo.

Photo non contractuelle, autoroute désertée

Photo non contractuelle, autoroute désertée

Au deuxième jour sur cette route, l’ambiance change un peu. Le trafic toujours très soutenu est fatigant alors j’enfile les écouteurs et j’en profite pour redécouvrir ce qui se cache dans mon baladeurs. Un peu de Bashung, pas mal d’Angus & Julia Stone, Féfé et tous les autres. On se retrouve surtout sur une route qui passe de 2×2 voies à une route à double sens au milieu des rochers taillés à vif. La « piste cyclable » rétrécie, et on serre les fesses quand un camion nous double. Mais nous aurons droit à une descente superbe et par chance, sans le moindre véhicule, au milieu des roches orangées. On zigzague, on fonce. J’ai l’impression de changer de pays. Ce n’est que le début d’une route surprenante.

C’est parti pour une nouvelle expérience : les tunnels. Nous sommes un peu déconcertés en arrivant au pied du premier tunnel. Les camions se succèdent, ça roule vite, mais c’est un faux plat montant, donc notre vitesse est limitée à vélo. On se concerte pour rouler prêt l’un de l’autre. Daniel passe devant et éclaire avec la lampe de son vélo. Je sors la lampe frontale dotée d’une lumière rouge, offerte par Chris, un motard Canadien rencontré quelques semaines plus tôt. C’est parti. On se suit de prêt, on se colle au « trottoir » que l’on frotte parfois avec les sacoches. En sortant du tunnel on voit que ce n’est pas terminé. On dégouline de sueur à cause du stress et de l’absence de vent à l’intérieur du tunnel. Et ce sera comme ça 5 ou 6 fois.

On passe quelques jours peu intéressants. Les alentours sont superbes, mais il est difficile de flâner quand 10 véhicules par minute me doublent. Tant pis. On traverse une zone assez unique dans le coin : très, très humide. On s’arrête à Revelstoke pendant un jour et demi, le temps de décompresser. Ca ne suffira pas pour sécher mes vêtements. Zone humide oblige, le climat sèche cheveux que je rencontre depuis le début du voyage est en panne. Je repars un peu trempée, un peu parfumée à l’odeur de fringues macérées. Et là, ô miracle ! Je rencontre Kari, avec qui j’avais fait connaissance au milieu du Yukon. Il m’avait proposé de passer par chez lui, plus au sud du Canada, mais j’ai préféré emprunter une autre route. Qu’à cela ne tienne, le hasard est de notre côté ! Il passe le week-end dans le coin avec sa compagne Emily. Et eux aussi, ils ont eu besoin de se ravitailler au supermarché en ce dimanche matin. On n’en revient pas se retrouver ici et maintenant. C’est le genre de surprise qui fait beaucoup de bien au moral. Autant dire, que j’ai roulé « gratos » toute la journée : je n’ai pas vu défilé les kilomètres et j’étais en forme après tout ça.

Retour à la réalité. La route ne présente pas beaucoup d’intérêt jusqu’à ce que nous arrivions à Chase, petite bourgade au bord d’un lac pas si froid que ça. La dame de l’office de tourisme ne nous lâche plus. Elle nous abreuve d’informations et nous décidons de prendre la route secondaire, loin de la voie rapide et de son tumulte assourdissant. Avant cela nous passons la nuit à Chase, sur le parking sur centre commercial ! Une expérience… unique et plutôt pratique. Café frais et muffins au petit déjeuner. Puis je casse une arche de ma tente, comme ça, sans prévenir. Tout un programme… Heureusement, le scotch Gorilla me sauvera la mise.

Tout le confort sur le palier...

Tout le confort sur le palier…

Nous filons donc au nord de la rivière et empruntons cette route secondaire, partiellement en graviers. Haaa, les graviers. Ça me manquait ! Mais quel plaisir d’arpenter cette route au milieu des fermes, des champs, des rochers. Tout est sec, jauni par le manque d’eau et il fait une chaleur incroyable. Les paysages sont d’autant plus beaux que nous avons le temps de les apprécier sans risquer de prendre un camion de 25 tonnes par le coin du guidon. Je me sens bien. Je retrouve le plaisir de rouler sur une route peu fréquentée. J’aime particulièrement cette aridité tellement inattendue. Je ne pensais pas emprunter cette route donc je n’avais aucune idée ce ce qui m’attendait. C’est encore une belle surprise. En cadeau, on voit plein de vaches, des lamas (je vous jure !) et pour finir, des mouflons canadiens (bighorn sheeps…) ! Un vrai safari…

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On file à Kamloops où Vince, un hôte du réseau Warmshower nous héberge, offrant ses canapés pour la nuit tandis qu’un énore orage s’abat sur la ville. Nous repartons le lendemain en sachant qu’une sacrée côte nous attend. Tout le monde nous en parle depuis déjà plusieurs jours, on est prêts ! Alors c’est reparti pour un trafic décadent.ai envie de dire « Toi aussi visite les plus belles autoroutes du Canada sur ton vélo, choisis-les avec un bon pourcentage à gravir, brave l’interdiction de rouler à bicyclette et prend toi un bon vent de face… tu verras, c’est très rigolo. » C’est vrai que c’était drôle. Ou pas. Qu’importe, nous nous dirigeons toujours vers l’Ouest, la majorité du trafic, lui, bifurque vers le sud. Nous sommes de plus en plus tranquilles. On s’émerveille aussi. Les environs ont des allures de désert. Quelques golfs ont poussé, bien arrosés, oasis au milieu de la flore brûlée.

Plus nous progressons et plus la route nous appartient. Je peux pédaler le nez au vent, admirer les collines, les fleurs, les cactus. Oui, c’est vraiment le désert. Nous nous dirigeons vers Lillooet. Marrant ce nom ? Au chapitre des trucs un peu moins drôles : on prend un orage sur le coin du nez, au même moment la chaîne de mon vélo en profite pour casser en pleine côte. La pluie cesse lorsque nous réparons. On repart. J’aurai les mains noircies par la graisse du vélo pendant une semaine… Mais merci Daniel pour ton aide précieuse ! L’arrivée à Lilloet est assez pittoresque. Une vallée profonde tombe à pic à droite de la route. C’est assez impressionnant. Et ça grimpe. Ça grimpe. On mange un peu de gravier. On respire un peu la poussière. Mais un fois en haut, c’est une longue descente qui nous attend jusqu’à la ville qui invite peu au voyage, avec ces airs de bourgade minière.

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Qu’importe, un monsieur vient à notre rencontre est nous indique une aire récréative (Recreation site) où nous pouvons passer la nuit gratuitement, et en toute légalité. Ça changerait des campings dans lesquels Oups on a oublié de payé, ou des aires de repos en plein parc régional où Oups on n’a pas de permis ni le droit de camper. On file vers l’endroit indiqué. Un furieux vent de face souffle. On ne trouve pas l’aire récréative. On s’arrête… bin sur une aire de repos. On s’installe à la nuit tombée dans un coin retiré, avec table de pique nique. Quelques buses d’arrosage automatique se déclenchent lorsque nous dînons… Elles sont assez loin pour ne pas nous atteindre. Je bloque tout de même les buses qui entourent nos tentes à l’aide de grosses pierres. Dodo. Une des buse arrive tout de même à s’ouvrir, ma tente est aspergée dans un vacarme délirant. Ça ressemble à une mauvaise comédie américaine. Ca finit par s’arrêter, je me rendors.

Le lendemain matin nous repartons. Et trouvons l’endroit indiqué la veille… à 200m de notre camping improvisé. Nous allons surtout devoir affronter les montagnes. Une route avec un dénivelé assez fou et ses 12% à gravir. Quand autant d’automobilistes nous tendent des pouces en l’air à travers les vitres ouvertes de leurs engins à moteur, ça sent pas bon pour nous… On n’a pas vraiment le choix, et puis les montagnes sont splendides. Les rivières bleues turquoises. Je remercie le dieu du vélo d’avoir provoqué la casse de ma chaîne la veille. J’aurai pas aimé perdre mon temps ce jour-là. On grimpe, on grimpe. On est affamés. Surtout moi. On s’arrête au bord de la route, dans un virage et on déjeune adossés au blocs de béton. 200m plus loin, devinez quoi ? Une aire de pique-nique. Ça nous fait bien rire. Deux loupés en l’espace de 24h…

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Nous passons la nuit à Pemberton, près de la plage publique, planqués dans les bois. Un couple de cyclistes Canadiens a la même idée que nous. Ils débarquent dans le noir, on se présente sans savoir à quoi on ressemble… On attendra le petit déjeuner pour faire plus ample connaissance avec Gosia et Emiliano. Puis on trace en direction de Squamish, au nord de Vancouver. Ça sent la fin du périple dans le Nord. La fin de la vie rurale et des grands espaces. On grimpe encore, pour mieux dévaler jusqu’au Pacifique.

Le soir nous retrouvons Chris qui nous héberge et chez qui je resterai une dizaine de jours. Je tiens à aller jusqu’à Vancouver avec Daniel et j’y retrouve un autre Suédois, Lars, un copain de l’époque où j’étais stagiaire à Ikealand. Sa copine vit aux Etats-unis, il en profite pour passer la frontière Canadienne. C’est assez marrant de constater à quel point le monde est petit.

Petit mais pas sans barrière. Je dois à présent faire un demande de visa si je veux à nouveau me rendre aux Etats Unis. Alors je profite de cette semaine au calme à Squamish pour gérer la paperasse et jurer-cracher par terre que je n’ai jamais commis de génocide ou enfreint le code de la route Américain. Ce soir, je quitte Squamish pour me rendre à Vancouver où je dois passer un entretien au consulat Américain. D’ici une petite dizaine de jours, je serai rejointe par un nouveau coéquipier.

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Simple life…

Les dernières photos sont ici !

Vous vous demandez combien de temps je passe sur mon vélo, ce que je mange, comment je m’approvisionne en eau… Il faudrait pourtant apposer à article une mention « suggestion de présentation » car les jours se suivent et ne se ressemblent pas vraiment. Durant ces dernières semaines j’ai pu m’organiser assez librement, mais j’ai aussi roulé avec d’autres cyclistes, nous avons accordé nos envies et nos capacités à rouler. Quoi qu’il en soit, si je voyage, c’est aussi pour jouir d’une liberté hors de prix, éviter les contraintes que je déteste, m’affranchir de toute rigueur. Cette publication a plutôt pour vocation de satisfaire votre curiosité et vous faire partager un peu de mon quotidien. Car si ce grand périple semble être seulement fait de grands moments, de beaux paysages et de sympathiques rencontres, la vie dans ce qu’elle a de plus simple occupe une grande place. Voyager indépendamment sur mon vélo me rapproche de l’essentiel, des préoccupations les plus basiques, vitales même.

L’eau…

Je veille à récupérer de l’eau dès que j’en ai la possibilité. Mon vélo est équipé de trois bidons d’un litre chacun. A cela je peux ajouter une ou deux bouteilles d’eau sur mes sacoches si le parcours s’annonce aride ou sans « services » (station essence, café…). Je dispose surtout d’une pompe qui filtre l’eau. Elle me permet de prendre de l’eau dans les cours d’eau. Parfois on me propose de l’eau. Pas plus tard qu’hier, j’installais mon campement sur une aire de repos, un routier est venu me taper la causette et m’a proposé de l’eau. Il a rempli un bidon avec l’énorme bombonne d’eau qu’il transporte. Trois litres d’eau ça peut semblait beaucoup… mais cette eau me sert à trois choses : m’hydrater, préparer à manger, me laver les mains, me débarbouiller après une journée passée à transpirer dans la poussière. Finalement, trois litres, c’est pas énorme. Imaginez que le matin en vous levant vous tiriez trois litres d’eau de votre robinet, et que vous vous contentiez de ça pour une journée… Quelques jours avant mon départ, à Lyon, un monsieur s’est approché de mon vélo, a regardé le porte bidon situé sous le cadre du vélo et m’a dit qu’il n’avait jamais vu ça, et que le bidon devait être, je cite, « cracra ». Entre un bidon « cracra » et une sévère déshydratation, le choix est vite fait. Au fil des semaines, j’ai développé quelques techniques qui me permettent de limiter cette consommation d’eau si précieuse. Hier par exemple, au moment du déjeuner je me suis arrêtée près d’une rivière. J’en ai profité pour prélevé 2L avec mon filtre (de l’eau potable donc). Je me suis lavée (chose que je n’avais pas faite la veille…) y compris les cheveux. J’ai fait cuire une pleine popote de pâtes et avec l’eau chaude des pâtes j’ai préparé de la semoule. J’ai mangé la semoule et conservé les pâtes en prévision du repas soir ou du lendemain. Trouver de l’eau n’est pas forcément un problème, mais à chaque fois je dois trouver un endroit pour poser mon vélo, chanter pour prévenir d’éventuels d’ours qui vaqueraient eux aussi à leurs occupations, trouver un point d’accès jusqu’au bord de l’eau…

Le festin

L’Alaska et la zone du Canada que je traverse sont immenses. Les échelles n’ont rien de comparables avec celles que nous connaissons en France et en Europe. Des routes de 800km peuvent compter un seul point de services. Je dois alors prévoir de la nourriture en quantité suffisante. Petit déjeuner, déjeuner numéro 1, déjeuner numéro 2, diner, collations. Je suis partie de Whitehorse (Yukon, Canada) le 15 juillet, en direction de Prince George. Entre ces deux grandes villes, 1.200km. Quelques villages et points d’arrêt (pas toujours signalés sur les cartes) : Teslin, Watsonlake, Jade lake et j’en passe. Souvent les stations services font aussi restaurant. Ce qu’ils appellent « Café » qui proposent burgers et chili con carne, pâtisseries maison et glaces, canettes de soda et café à volonté. Les prix sont souvent moins chers qu’en ville. Vous pouvez déguster un cheese burger pour 9,50$ et un café pour 1,60$. Comptez 2,50$ pour un café de base dans un Starbuck ou chez Tim. Revenons aux provisions pour ces 14 à 16 jours jusqu’à Prince George.

  • 500g de penne (mes pâtes préférées!), soit 3 ou 4 repas

  • de la semoule, 2 repas

  • de la purée, 1 repas

  • 900g de riz cuisson ultra simplifiée (à plonger dans l’eau bouillante et à laisser reposer 5 minutes sans cuisson), 10 repas environ

  • un sachet de noodles

  • une canette de concentré de soupe de céleri

  • du pesto, 6 à 8 plats assaisonnés avec le même bocal

  • du saumon en conserve, une grande nouveauté dans mon alimentation

  • du fromage plastique en tranches, 6 plats accommodés avec ce délicieux « Black Diamond »

  • 6 pains orientaux, en complément des petits déjeuner, en collation, ou en sandwich au déjeuner

  • 2 mini pots d’houmous, parfaits pour 2 déjeuners avec le pain

  • un demi sachet de mini carottes, idéales avec l’houmous, en guise grignotage ou avec la semoule

  • un concombre, parfait en sandwich et avec la semoule

  • un demi pot de beurre de cacahuètes, à déguster sur du pain, avec une banane

  • 6 bananes, une au petit déjeuner écrasée avec les céréales et pour les goûters

  • 1kg de flocons d’avoine, soit 6 à 8 petits déjeuners, à hydrater avec de l’eau chaude

  • un pot de miel, délicieux au petit déjeuner sur le mange banane/céréales

  • des fruits secs : papaye, ananas, dates que j’utilise en collation ou en variation du petit déjeuner

  • un fond d’épicerie : je récupère des sachets individuels de temps en temps dans les cafés. Sucre, sucre zéro calorie, miel, sel, parmesan, tabasco, dosette de café, des chewing gum, une sucette à la myrtille

  • un sachet de curry

  • un sachet de piment doux

  • un sachet d’oignons déshydratés

  • 60 sachets de thé noir (en Amérique du nord tout est grand…)

  • un reste de ration de l’armée donné par Cyndie à Chicken : une tranche de pain, des fruits déshydratés

  • 5 tablettes de chocolat ; amandes/noisettes, caramel, chocolat au lait… c’est plein de magnésium !

  • un paquet de cookies… c’est plein de calories !

  • 40 barres de céréales. J’ai fait le plein car les petits paquets de 6 barres coûtent relativement chers : 0,50$/barre. Alors qu’en grande quantité, la même barre coûte 0,20$. Une économie substantielle puisque j’en mange 2 à 3 par jours. De plus, elles peuvent être utilisées à n’importe quel moment de la journée, ne nécessitent pas d’eau et sont vachement délicieuses (surtout quand le soleil a fait fondre le chocolat qui les enrobe… huuum)

Si j’économise l’eau, je fais aussi attention à limiter la consommation de propane, car une bouteille de taille moyenne prend de la place dans les sacoches. De plus, si je prévois seulement une bouteille, je dois m’attendre à ne pas trouver de recharge avant…1200km, deux semaines de voyage dans le cas présent. C’est pourquoi je pratique la double utilisation : préparation des pâtes et utilisation de l’eau chaude pour un autre plat… C’est l’apprentissage du minimalisme sans privation. Il est donc possible de consommer moins et de se faire plaisir, c’est juste une prise de conscience, ou une nécessité.

La sécurité

Jusqu’à présent, je n’ai pas eu à me préoccuper des comportements des êtres humains environnant. Je fais tout de même attention, lorsque je dois aller faire des courses avec mon vélo, surtout s’il est chargé. Mais je peux le laisser sans crainte dans les toilettes des aires de repos durant la nuit. J’ai pris l’habitude d’apposer un petit mot, surtout pour dire de ne pas toucher, pour ne rien abîmer. Mais pourquoi donc doit-il passer la nuit dans les toilettes ? Pour éviter de tenter les ours pardi! Un ours pourrait peut-être ouvrir une porte de toilettes canadiens (ça n’était pas le cas en Alaska, à moins que l’ours en question ait eu un QI de 150…) mais les odeurs de la nourriture contenue dans mes sacoches sont altérées, et puis la nourriture est à une distance convenable de ma tente, 30 à 50m selon les aires de repos. Et puis, c’est plus facile que de suspendre 12kg à un arbre.

Voilà pour quoi je choisis souvent de d’arrêter sur ces aires. On me dit souvent que je suis courageuse, et on me demande si j’ai peur. Oui j’ai peur. Peur des ours, des orages, des chiens qui gardent vigoureusement les propriétés. Depuis le départ j’ai encore grandi. Prendre la décision de faire ce voyage avait réclamé -c’est ainsi que je le perçois- un certain courage. Vivre ce voyage demande une autre forme de bravitude (!) dont je m’accommode progressivement. Je dépasse mes peurs sans prendre de risques. Je ne sors pas encore de ma zone de confort : j’ai déplacé ma zone de confort. Ce que je suis capable d’accomplir aujourd’hui, je ne l’aurai pas fait il y a deux mois, lorsque ce voyage a commencé.

Dawson city / Whitehorse… les photos sont en ligne !

Il s’en est passé des choses depuis Dawson city. J’ai vu un ours sur la route, rencontré un couple d’Autrichiens très sympas, on s’est vu offrir un séjour dans une cabane au bord d’un lac, j’ai retrouvé Rae, à nouveau, et puis j’ai tracé seule jusqu’à Whitehorse.

Les images sont ici, toujours sur Flickr : https://www.flickr.com/photos/124870937@N07/sets/72157645676383551/

Le dilemme du feu rouge se pose : aller à Skagway, prendre un ferry jusqu’à Prince Rupert et rester un peu chez Rae. Ou emprunter la Cassiar Highway, route longue et parsemée de quelques villages. Que faire ?

Je vais finalement, au dernier moment, choisir de rouler sur la Cassiar Highway. Tant pis pour la croisière, tant pis pour les baleines. Je préfère garder le cap et faire ce voyage sur mon vélo autant que possible. La Cassiar Highway n’est pas très fourni en wifi… donc s’il te plaît, mam’, ne t’inquiète pas si je ne donne pas de nouvelles pendant une dizaine de jours (ou plus).

Par ailleurs, j’ai opéré quelques modifications sur le vélo depuis le départ : la potence (espèce de tige sur laquelle est fixée le cintre) est désormais plus basse pour une position plus sportive, les cornes sont au milieu du vélo, soit la largeur des épaules (merci pour elles), aujourd’hui je change la chaîne qui a bien morflé sur toutes ces routes crasseuses. et prochainement, je recevrai une nouvelle sacoche de guidon… étanche !

Voici de quoi situer tout ça, car j’en conviens, la géographie du Canada est bien vaste et si peu enseignée à l’école :)

Carte itinéraire parcouru

Pédaler sur la Top of the World Highway !

Les photos sont ici :

https://www.flickr.com/photos/124870937@N07/sets/72157645488338061/

Par où commencer ? Que raconter ? Que dire de cette route qui prend sa source à Tetlin Junction (Alaska) et se termine à Dawson city (Canada) ?

Les jonctions sont rares... célébrons-les !

J’ai vécu un concentré de voyage, de l’or en barre sur cette voie tracée par les pionniers de l’orpaillage. Vous pardonnerez ma confusion, mais les encouragements et la générosité que j’ai reçus en 4 jours seulement m’ont faite avancer d’un cran dans ma vie de nomade contemplative. Il a bien fallu que je m’en remette un peu aux autres pour progresser sur cette voie. Il a bien fallu que j’arrête des pick up pour demander de l’eau. Les touristes attentifs se sont souvent attardés sur mon parcours, se préoccupant également de mon sort : est-ce que tu as besoin de quelque chose ? Tantôt « Non merci j’ai ce qu’il me faut. Tantôt « Oui, je veux bien de l’eau ». Alors nous remplissons les bidons. Car j’avance désormais seule, à ma plus grande joie.

Grâce à ces attentions touchantes et avec l’immense plaisir de rouler sur une route aussi belle que surprenante, aux environs aussi doux que sauvages, j’ai pu rallier Dawson city en 4 jours, dont un passé à Chicken. Ha, Chicken… Le jour de  mon arrivée, un dimanche, les campings cars démesurés remplissaient les campings et les cafés. Le lendemain, tandis que la journée s’annonçait pluvieuse, les touristes bien abrités avaient désertés les parages. Partis pour d’autres horizons. C’est ainsi que j’ai pu me mêler à la vie locale, ressemblant à tout ce que j’avais entraperçu jusqu’alors : une ville de travailleurs, de serveurs, de chercheurs d’or. une ville où business is business mais dans laquelle les cyclistes sont accueillis à bras ouverts, récompensés par la meilleure brioche à la cannelle du monde. Top of the world je vous dis ! Pourtant, d’ordinaire, je n’aime pas la cannelle…Chicken, capitale du monde !

Je passe une journée à pianoter sur mon ordinateur, à boire quelques cafés, manger quelques plats présentés dans des paniers d’orpaillage, boire quelques verres, jouer quelques parties de billard. La pluie peut bien tomber au dehors, mes vêtements sèches devant le poêle du Saloon.

Le lendemain, tandis que je m’apprête à repartir, les gars sirotant un verre à l’extérieur du bar me tapent la causette. Ils passent leurs étés à récolter de l’or à Chicken. Conversation habituelle : tu viens d’où, tu vas où, tu es originaire d’où ? tout est une question de mouvement, de déplacement. Depuis le parking du bar nous regardons la route que je vais emprunter à vélo. Elle monte doucement mais assez longtemps pour que je leur lance en rigolant « vous pourrez me voir passer pendant 10 min ». Ils me disent qu’ils me doubleront car eux aussi se dirigent vers l’Est de Chicken. Ils vont regagner leur campement de fortune, au bord de la rivière, au plus près du métal précieux.

Et au milieu coule une rivière

Effectivement, ils me doublent une demi heure plus tard, me saluent toutes vitres ouvertes. Je les retrouverai quelque kilomètres plus loin, au niveau de leur campement établi au bord de la route. Jamais pressée, je m’arrête et commence à discuter avec Ed et Ed. « Quoi, tu n’as pas essayé l’orpaillage à chicken ? Mais y a rien d’autre à faire ! » Non je ne suis pas une touriste. Je ne veux pas faire ce que je suis censée faire. « Tu me montres ? Ca m’intéresse de savoir comment toi tu travailles quand tu cherches de l’or. La démonstration suivra. J’ai pas le coup de main, mais la récolte n’est pas si mauvaise ! Ed consigne les paillettes dans une fiole qu’il me donne. Il est déjà 12h30. Nous dégustons un bol de Noodles (pâtes asiatiques qui cuisent en 2min chrono et dont je me délecte fréquemment pour le déjeuner). Ed vient du Colorado, il me parle de son Etat, nous parlons de son métier, de musique, de nos vies, de mon voyage. Je sais désormais où m’arrêter si je veux me rendre dans le Colorado… C’est l’hospitalité Américaine !

Je finis par quitter les lieux, un peu partager entre l’envie de rester, de partager une journée avec ces gars, de boire encore quelques bières Saloon et l’envie de rouler. Mais j’ai envie d’avancer. Alors je file. La pluie ne tarde pas à tomber, mais les averses ne durent pas et l’air n’est pas froid. Je suis en short, tous les vêtements sèches rapidement.

Ed, chercheur et trouveur d'or

Et je vois débarquer Ed ! Inquiet de me savoir sous le pluie, gagné par la culpabilité de m’avoir arrêtée. Je lui assure que tout va bien, il s’en retourne à son or.

La frontière Canadienne approche à grands pas. Mais à quelques kilomètres de celle-ci (3 ou 5 km) les graviers se transforment en grosses caillasses. J’ai du mal à avancer au milieu de tout ça. J’ai faim. La frontière ferme à 20h, il est 19h30. La pente n’est pas si douce. Un gars de la compagnie de travaux routiers me demande si je veux être à la frontière avant 20h. Je lui répond que je traverserai demain, que je vais continuer à vélo. Mais l’état de la route empire. Je me sens faible et je dois pousser mon vélo. 20 minutes plus tard une autre voiture de la même compagnie passe, s’arrête, me pose les mêmes questions que son collègue. Oui, je veux bien qu’il me conduise jusqu’à l’issue de cette route impraticable. John m’indique alors un lieu parfait pour installer ma tente. Le camping ***** ! Avec en prime la visite d’un renard !

C'est pas les flots bleus...

Le lendemain je mets les bouts, un peu émue et un peu triste de quitter l’Alaska. L’immensité des montagnes dépasse les frontières et la gentillesse des nord Américains s’étend certainement à l’Est. Malgré tout, je traîne sur mon emplacement illimité, doucement gagné par les photographes d’un jour arrêté sur le parking juste au-dessus. « Je peux te prendre en photo ? » « Tu viens d’où ? ». Toujours cette curiosité et cette spontanéité… Je note toutefois que les Américains savent couper court à ce genre de discutions : je ne crains pas tomber sur un bavard qui taillerait la bavette trop longtemps.

Huuum, ce sera pour plus tard. Cap sur le Canada !

Je passe la frontière et tombe sur un panneau indiquant -en kilomètres s’il vous plaît!- 105km jusqu’à Dawson city. Huum, serai-je perdue dans l’espace temps ? Oui, j’ai confondu les distances. Et moi qui pensais n’avoir que 65km à parcourir ce jour-là… Qu’importe. Let’s keep riding! Comme on dit ici.

Je m’arrête plusieurs fois, happée par les paysages, par le calme, par la sérénité qui se dégage des lieux.

Ho yeah ! C'est parti pour une longue descente !

C’est en fin d’après-midi, après une longue descente et une traversée en bac (pas de pont traversant le Yukon) que j’arrive à Dawson city. Je m’empresse de trouver un restaurant car la faim me gagne. Je tourne dansla ville pour trouver un camping… et au camping je retrouve -avec surprise et joie- Brad, avec qui j’ai roulé pendant – semaines, et Rae, adorable Canadienne rencontrée un peu avant le parc du Denali. Tellement contente de les voir, je les embringue au pub du coin où nous passons un bon moment.

En bref, je suis désormais au Canada ! J’ai survécu à la Top of the world Highway.

Je file désormais vers le Sud…

 

Que le spectacle commence...

En bref :

Jour 1 Tetlin / Chicken : départ à 7h, 108km sous le soleil

Jour 2 à Chicken : un bon petit déj’, un bon déjeuner, quelques bières, 0km

Jour 3 Chicken / frontière Canadienne : 65km entre pluie et éclaircie, enter un bol de Noodles et des deux barres de céréales, entre graviers et route goudronnée

Jour 4 frontière Canadienne/Dawson city : 112km, un peu de pluie, de beaux rayons de soleil, une descente de 14km pour conclure la journée :)

PS : Les photos que j’ai pu mettre en ligne sont dans l’album Flickr. Pour les voir il vous suffit de cliquer sur le lien en haut de cet article. Le wifi laisse à désirer ici, cet article sera illustré dès que possible… mais pas maintenant.

Elliott & Dalton Highways : jusqu’à l’océan Arctique sous le soleil de minuit

 

Après 3 semaines de vagabondage dans le Sud de l’Alaska, me voici arrivée à Fairbanks, deuxième plus grande ville de l’Etat. Je voyage toujours avec Brad, coéquipier Australien. Nous retrouvons Tim, reconstituant ainsi une équipe de trois cyclistes pour une nouvelle virée qui s’annonce aventureuse.

Carte   Carte Alaska

La Dalton Highway part de Fairbanks en direction du Nord, ralliant la ville de Deadhorse implantée sur les bords de l’océan Arctique. Cette route suit un pipeline transportant l’or noir extrait dans l’océan. Elle n’a d’utilité que pour les besoins de cette industrie toujours aussi prospère.

Nous préparons le départ avec l’achat de nourriture pour les 12 jours à venir, car les seuls points de ravitaillement disponibles sur la route sont des restaurants : les deux premiers sont situés sur les bords de la rivière Yukon (Mile point 56 de la Dalton Hwy, à cela vous ajoutez les 90 miles de l’Elliott Hwy, soient environ 250km au total), le second point de chute se situe à Coldfoot (littéralement « pied froid ») à environ 400km de Fairbanks. Nous trouverons également des hôtels et restaurants en arrivant à Deadhorse. La nourriture donc : des kilos de pâtes, de purée et de semoule, de pain, de sauce, de soupe, des Snickers et autres Kit kat ainsi que les petits déjeuner à charrier. Les sacoches s’allégeront au fil des jours. En attendant, il faut traîner tout ça…

12 jours de nourriture

Nous partons dimanche 8 juin, Tim, Brad et moi.

Le premier jour, nous roulons un moment en ville avant de sortir de Fairbanks et de nous éloigner des routes fréquentés. Lorsque nous nous éloignons de la civilisation, c’est une tempête qui s’annonce face à nous. Des nuages noirs et lourds, le vent qui se met à souffler de face et de côté. Heureusement, nous arrivons près d’un restaurant où se tient se jour là le « Tour de Fairbanks ». En français dans le texte. C’est assez marrant d’arriver tout cyclo-joyeux que nous étions, au milieu d’autres amateurs fraîchement arrivés de leur course. Là nous faisons connaissance avec Sarah, venue juste faire un tour. Nous partageons un bon moment le temps du déjeuner. Le ciel semble plus clément, nous reprenons la route. Puis nous prenons une bonne averse. Comme à l’ordinaire, les voitures et les camions que je croise me saluent. Les occupants de l’une des voitures sont particulièrement enthousiasmes à mon passage… Je leur lance un coucou tout en poursuivant ma route sous la pluie battante. Il s’avérera que Johann était dans cette voiture ! Le Français avec lequel j’avais commencé le voyage, et qui, contraint par le temps, avait filé vers le nord sans tarder. Ce premier ratage en augurera un bien plus fou…

Au matin du deuxième jour, nous envisageons de pédaler jusqu’au début de la Dalton Highway. Ou jusqu’à la fin de l’Elliott Highway. C’est comme vous voulez. Cette étape est splendide. Aussi belle que vallonnée. Aucune portion de route n’est plate. Nous passons notre temps à grimper ou à descendre. A dominer des vallées vertes et étendues, ou à contempler les montagnes. Il fois franchi le premier panneau indiquant le début de la Dalton hwy, c’est-à-dire après plus de 80 km à pourchasser Tim qui avance à vive allure, mon esprit décide subitement de ne plus avancer. Nous ne pouvons pas rester précisément où nous sommes car l’endroit est infesté de moustiques (ha bon ?!) et le cadre peu accueillant. Je signale à mes coéquipiers que je ne suis pas capable d’aller très loin. Je fais 400m sur mon vélo, en côte (sinon c’est pas drôle) et m’arrête. Je pousse mon vélo, préférant marcher plutôt que de pédaler. Brad me remotive et déploie son arme anti-coup-de-barre : les Jelly beans. Des bonbons pleins de sucre. Je prends le temps de souffler et me remets en selle. Nous camperons à 5 min du premier panneau Dalton Hwy. Tim aura l’idée lumineuse de planter sa tente juste sous le mystique panneau de la Dalton Hwy, détruisant sans doute le rêve de dizaines de touristes venus se faire photographier devant l’insigne… Plus tard je comprendrai que je n’ai pas assez mangé, que je ne me suis pas suffisamment arrêtée, que le rythme maintenu n’était pas le mien. Un repas copieux et une nuit de sommeil sur un parking finiront par me faire le plus grand bien.

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Le troisième jour démarre difficilement. Le double dîner et le repos n’ont pas suffit à remettre en ordre de marche mon cerveau bien décidé à stagner. Malgré tout, il faut bien avancer. Nous prévoyons d’aller jusqu’à la rivière Yukon ! Un nom qui sonne joyeusement à mes oreilles et me laisse rêveuse. Le fleuve s’étend sur plus de 3.000km, depuis le Canada jusqu’à la mer de Béring.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Yukon_(fleuve)

Une fois de plus, la route est exclusivement vallonnée, ne laissant que peu de répits. Je serai à nouveau d’aplomb après une pause café à 16h… Là, commencera une nouvelle journée pour moi. Je suis en forme. C’est à mon tour de soutenir mon coéquipier qui présente les mêmes « symptômes » de que moi la veille.

Au cours de cette journée, nous avons gaiement, gentiment mais assurément, détesté les motards filant à vive allure, confortablement installés sur leurs destriers, aisément propulsés à la force du poignet. Malgré la difficulté, ça restera une formidable journée, avec son lot de rire lorsque nous étions (nous pensions y être..) au fond du gouffre, ses barres chocolatées, ses cafés réconfortants, ses pauses bienvenues.

Et nous serons au restaurant de Yukon River Camp juste à temps pour éviter la pluie ! Rejoignant Tim qui patienta trois heures durant…

Elliott Highway

Le quatrième jour, la route se gâte. Alors qu’elle était goudronnée jusqu’à Yukon River, nous devons désormais composer avec le gravier et la terre. Ca ne pose pas de problème par temps sec, excepté la poussière soulevée par les véhicules. Il pleut. Les camions -principaux utilisateurs de cette route- roulent au milieu, laissant sur les côté, quelques centimètres de boue collante offerte aux cyclistes qui voudraient garder la vie sauve. La boue se coince partout dans le vélo. Les garde-boue font bien leur boulot : ils retiennent tellement la boue que le vélo n’avance plus ! Le pignons est plein de boue, la chaîne n’accroche plus aux dents, les pédales tournent dans le vide ou se bloquent. J’ai beau nettoyé, un coup de pédales suffit à tout encrasser à nouveau. Alors je pousse le vélo dans deux « montagnes russes » comme ils les surnomment ici. Puis la grêle se met à tomber. Puis Brad crève un pneu. Et nous finissons par rejoindre la route goudronnée au sommet une colline. Campement sur un parking. Sans Tim qui avait prévu d’atteindre le cercle polaire ce jour-là.

La pluie me berce doucement. La nuit sera salutaire.

 Dalton Highway - le jour où j'ai pataugé dans la boue

   Cantal for ever

Le lendemain nous poursuivons… toujours en direction du Nord. Nous croisons deux frères à vélo partis de Deadhorse. Très enthousiastes et sympa, nous discutons 1/2h avec eux sur le bord de la route. Ils filent vers l’Argentine. Un peu plus loin nous passons Finger Mountain qui abrite un rocher en forme de doigt d’honneur… Finger Mountain quoi ! La route est toujours aussi vallonnée, variée et belle. Les étendues vertes sont dépourvues d’arbres à cet endroit. Quelques rochers animent un paysage calme, invitant à la contemplation. Nous gagnons le cercle Polaire ! Il est matérialisé par un grand panneau, sur un parking. Les moustiques sont aussi de la partie. Nous traçons jusqu’au col de « Gobblers Knob » qui surplombe sur vallée magnifique, vaste et dégagée. J’apprendrai par la suite que les routiers l’appellent « Top of the world » : leurs radios fonctionnent même à une très grande distance de ce point tant Globblers Knob domine. Nous campons… sur un parking. Ca vous étonne ? Le lieu étant particulièrement remarquable -outre ses toilettes, les derniers avant une centaines de km- des touristes auront la bonne idée de débarquer à 1h du matin pour admirer la vue. Car le soleil ne se couche pas vraiment. La nuit ne tombe jamais. L’obscurité n’existe pas. En 5 semaines de voyage je n’ai pas allumé une seule fois ma frontale…

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Nous partons en fin de matinée. Brad crève un pneu. On patiente donc avant d’entamer la descente. C’est plutôt agréable de commencer en roue libre. C’est un peu comme assister à une réunion dans laquelle on n’a rien à faire. Ca laisse le temps de se réveiller, d’admirer le paysages, de voir grossir à l’horizon la prochaine station de pompage de pétrole. Ce jour-là nous gagnerons Coldfoot, où nous attend un buffet et un challenge : manger 5 assiettes. Crudités, soupe, poisson, viande, légumes, plats divers, desserts. Ca laisse le choix. Nous rencontrons deux cyclistes canadiens arrivés la veille. Puis Scott, un cycliste Américain. Nous serons rejoints par Kody, motard, à qui je lancerais un « We hate you » avec un grand sourire. Nous discutons jusqu’à une heure avancée et plantons les tentes à proximité du restaurant, pas trop loin du parking des camions…

Une journée « OFF ». Comprendre : une journée zéro kilomètre. En réalité nous en avons parcouru 8. Mais nous passons la journée au restaurant, à manger pancakes et à nous ressourcer -à nouveau- buffet, nous visitons le centre d’informations. Nous regardons deux documentaires sur le Brooks, cet espace protégé qui fut le premier classé « wilderness » en Amérique. Un espace sauvage. Une belle histoire d’aventuriers partis découvrir une nature vierge au Nord-Est de la Dalton Hwy. Une belle leçon de persévérance dans leur volonté de donner à cet espace à statut particulier, préservé de toute atteinte humaine, et surtout de toute convoitise des compagnies pétrolières.

Nous poussons tout de même jusqu’au camping de Marion Creek pour passer la nuit loin des camions, de la route et plus près des ours.

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C’est reparti pour un tour ! 8ème jour sur la Dalton Hwy. La route est relativement plate, jolie. Les paysages doucement courbés. Nous croisons à nouveau un couple de Belges, déjà aperçu au début de la Dalton Hwy alors qu’ils rejoignaient Deadhorse en bus. C’est une journée relaxante, idéale après une journée fainéante.

Et nous nous installons… sur un parking pour la nuit, à côté d’un groupe de voyageurs à cheval ! Des gens bien sympas, on se dit que les animaux devraient nous alerter en cas d’éventuelle approche d’un ours bien connu dans le coin.

Être réveillée par la « voisine » qui demande -à travers nos tentes- combien nous voulons de pan cakes. J’ai connu des lundis plus difficiles. Nous sommes gentiment conviés autour de la table. Avant de déguster, l’un des membres du groupe prononce une prière. Ho oui ! Merci à toi, ma bonne étoile, d’avoir placé sur ma route, des gens si attentionnés, si accueillants.

Il faut bien poursuivre, alors nous enfourchons nos bicyclettes. Deux cols nous attendent : un premier pas très haut, un second qui sera le dernier dénivelé important de la route. Rapidement, un van de touristes nous apprend qu’un grizzli rôde juste au sommet. Mais nous ne le verrons pas. Dans le second col je me sens bien. J’avance concentrée. Un autre van de touristes, arrêté à mi-chemin de la montée, m’offre deux sachets d’un mélange cacahuètes/m&m’s, pour Brad et moi. Une bien belle attention, dont je ferai qu’une bouchée une fois au sommet. De l’autre côté du col, c’est un vallée extraordinaire qui nous attend. Les arbres désertent à partir de cet endroit. C’est ainsi à travers le monde : aucun arbre ne pousse au-delà d’une certaine latitude et d’une certaine altitude. C’est le début de la toundra qui nous guidera jusqu’à l’océan.

Nous croisons Tim, qui revient du Nord, roulant car il n’a pas trouvé de chauffeur pour rentrer depuis Deadhorse. Ca commence à m’inquiéter… Il est donc possible de ne pas trouver de véhicule en auto-stop.

Une bien belle journée qui commence et s’avérera plus difficile que prévu. Certes, le parcours fait l’apologie de la platitude du monde, mais le vent souffle de face, et les gravier recouvrent la route. Les douleurs tendineuses que je tentent de soigner depuis quelques années déjà se font de plus en plus vives. Mes coudes absorbent toute mon énergie. Je n’arrive même pas à manger tellement la douleur me tiraille et m’obsède. Voltarène 75. Ca ne passe pas. Des pauses. Des étirements. Des mouvements enseignés par mon kiné. Ca ne passe pas. Nous finirons par nous arrêter, profitant d’un bon repas réchauffé au jet-boil. Nous décidons de laisser passer la vent qui devrait se calmer en fin d’après-midi. Alors je plante la tente et dors. Un policier, que dis-je LE policier, nous rend une visite de courtoisie, voulant s’assurer que nous allons bien dit-il. Nous reprenons la route à 22h. Ca ne pose aucun problème puisque le soleil brille toujours. Alors nous progressons jusqu’à minuit. Sans vent. Avec des températures qui se rafraîchissent sérieusement. J’empile les couches de vêtements, et suis ravie de me glisser dans mon sac de couchage bien chaud.

C’est reparti pour une journée au milieu de la toundra, sur une route plate au possible, accompagné d’un vent de face fatigant. Nous faisons une longue pause en milieu d’après-midi et grappillons une dizaine de miles en fin de journée, sans vent.

L'humour Alaskain ; rappelons qu'aucun arbre ne pousse sous cette latitude

Nous ne sommes plus qu’à 28 miles de Deadhorse. Soit 45km dans le vent… de face. Je pars dans de bonnes conditions. Je sais que ces 4 prochaines heures seront difficiles, mais l’arrivée est proche. Malgré tout, je craque moralement. Toute cette concentration pour tenir le cap au milieu de rien. Des perspectives qui grossissent très lentement. Peu de camions et ça m’inquiète dans la persepective d’un retour vers Fairbanks le lendemain. Non sans mal, j’arrive à Deadhorse. J’apprendrai de la part de mon coéquipier, resté quelques centaines de mètres derrière moi, que deux ours se trouvent près de la route, quelques miles avant Deadhorse. J’étais si focalisée sur la route, les gravier, le vent, l’envie d’en terminer, que je n’ai rien rien. Une seule chose à voir en 4h et je passe à côté !

Bref, nous en rions en engloutissant copieusement une soupe chaude. Ou devrai-je dire 3 soupes. Ne jamais placer un buffet sur la route d’un cycliste affamé. Non, jamais.

Visite en navette jusqu’à l’océan Arctique car l’espace est réglementé. Nous avons dû communiquer nos numéros de passeport plusieurs jours avant. Lorsque nous étions à Coldfoot puisque c’est le seul espace couvert par le réseau télécom. Nous traversons donc Prudhoe Bay conduits par un autochtone. Au milieu de ces monstres de fer, de son industrie pétrolière. Nous posons un pied sur l’océan gelé. L’horizon est bouché par d’épais nuages qui planent depuis déjà plusieurs jours au dessus du bout du monde.

Il est interdit de camper à Deadhorse pour des raisons de sécurité. Chaque année, des ours polaires approches de la ville. Afin d’éviter toute tentations, et toute attraction des animaux, nous devons nous rabattre sur l’un des hôtels de la ville. Et là encore, c’est open restaurant ! Des produits frais et bien cuisinés nous attendent. On panse déjà les plaies laissées par ces journées difficiles. Nous rencontrons Mike, motard qui a eu un accident deux jours auparavant. Nous passons la soirée ensemble à manger plus que de raison, à tester les différents cookies, à se servir en soda et en thé, à volonté.

Prudhoe bay...

Brad prend l’avion jusqu’à Fairbanks. Je ne peux envisager un trou de 450$ dans mon budget, alors je commence à tâter le terrain. La veille, deux employés qui travaillent dans les cuisines étaient venus me parler, par curiosité, parce que je suis une fille, parce qu’ils ont mon âge et que ça devait les changer des routiers. Bref, ils m’indiquent que je peux m’adresser à une société de transport située de l’autre côté de la route. J’enfile ma doudoune, mon bonnet en laine, et me rend au bureau de cette société. Les chauffeurs ne sont pas autorisés à transporter des passagers pour des raisons d’assurance. Mais des routiers indépendants travaillent pour cette société. Eux peuvent, s’ils le souhaitent, embarquer qui ils veulent. Je laisse mon nom, le nom de l’hôtel où je squatte. Et ô miracle, 30 minutes plus tard, le responsable du bureau de transport vient me chercher car il a trouvé un chauffeur qui accepte de m’emmener jusqu’à Fairbanks !

Quand je conduis un camion !

Stephen me conduira gentiment jusqu’au pallier de la porte de Duncan, qui m’héberge à nouveau. Nous partons de Deadhorse à 9h30 et arrivons chez Duncan à 1h30… Une belle manière de conclure cette étape : dérouler le film en sens inverse, en compagnie d’un bonhomme bien sympathique. Nous parlons, nous écoutons de la musique, nous rions. Merci mille fois pour ce trajet fort instructif. Car Stephen parcourt la Dalton Hwy depuis 10 ans environ. A chaque virage, il me raconte les anecdotes de cette route. Comme ce gars en monocycle, ou le célèbre Japonais qui, en plein hiver, marchait avec une pulka et dormait dedans, ou ce chauffeur qui n’avait plus de frein sur son camion, a manqué de percuter un véhicule, et ne pouvant s’arrêter une fois en haut sur l’autre versant, eet reparti en sens inverse. Les passagers rescapés se disant : il revient pour nous achever !

Voilà, la Dalton Highway, c’est un peu tout ça. Le monde des nomades et de ceux qui circulent, de ceux qui travaillent et de ceux qui s’amusent à faire du vél, de ceux qui construisent des routes, et de ceux qui font avancer la pétrole.

Après toute cette boue et plusieurs jours sans me laver, il me reste une chose à faire :

Clean all the things

En chiffres :

820 km parcourus

12 jours pour faire Fairbanks / Deadhorse

1 ours

2 boeufs musqués (musk ox)

1 renard blanc

2 renards

1 loup

2 élans

Une 15aine de caribous

Autant d’écureuils

Des 100aines de moustiques

Autant de motards

Une 20aine de cyclistes

Deux fois plus de camions

Des températures entre -2°C et 25°C

L'oeil dans le rétro

 

De retour du Nord !

Me voici revenue de l’Arctique ! Après 12 jours sur Elliott et Dalton Highways, de Fairbanks à Deadhorse, loin de la civilisation, voici les premières photos d’une belle étape. Avec des journées splendides, mémorables, des moments difficiles, mais toujours le plaisir d’être sur la route. Un concentré de voyage sur 800km.

De quoi vous mettre l’eau à la bouche en attendant un récit plus détaillé et davantage d’images…

PS : je vous remercie infiniment pour tous les messages et commentaires sympathiques et encourageants que vous m’adressez ! Ca me fait extrêmement plaisir de constater que ce voyage suscite curiosité et enthousiasme. Merci merci !

PS : je suis à la recherche d’une solution pratique pour la publication et la consultation d’albums photos en ligne. Les proposition de WordPress ne sont pas satisfaisantes, certains d’entre vous on eu des difficultés à accéder aux images… Qui aurait une idée ?

Elliott Highway                               Dalton Highway - le début de la fin

 

Dalton Highway - le jour où j'ai pataugé dans la boue    Dalton Highway Elliott Highway - un décor de carte postale, n'est-ce pas ?

 

Dalton Highway - l'alimentation du vélo, c'est important.       

 

 

Dalton Highway - un élan qui lorgne qui ma bicyclette...     Dalton Highway - le pipeline où coule l'or noir de l'Alaska, depuis l'Arctique jusqu'au centre de l'Etat

 

Dalton Highway - le cercle Polaire !      Dalton Highway

 

 

 

De l’étuve au blizzard

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Denali NP

Au terme d’un peu plus de deux semaines sur les routes Alaskaines, il est temps de faire un premier point sur le voyage.

Anchorage to Denali NP

Partie d’Anchorage (capitale de l’Alaska) le samedi 17 mai avec Johann, mon coéquipier Français, j’ai rallié Whitthier en deux jours. Deux belles journées printanières, avec une route facile, le vent dans le dos. Des conditions idéales pour se lancer à l’assaut des 13 000 km qui m’attendent. La peau commence à dorer et les barres de chocolat fondent dans les sacoches. Nous roulons avec une vue incroyable sur la péninsule du Kenai, située juste au sud de notre itinéraire.  Le vélo est en forme et les jambes avancent bien.

Nous passons par Beluga Bay. Pas de béluga en vue. Par Indian Creek. Pas d’Indien à l’horizon.

Nous plantons sauvagement les tentes près d’un lac infesté de moustiques. Un élan passera près de nos tentes le soir venu. Je dormais, je n’ai rien entendu…

A Whittier, nous retrouvons Brad, troisième équipier de l’aventure, et néanmoins Australien. Le soir venu, dans le petit camping rudimentaire de Whittier, un homme vient nous voir pour nous signaler la présence d’un ours, sur la montagne à 400m de nous. On s’active pour regrouper la nourriture et les produits cosmétiques odorants qui attirent les plantigrades. Et on suspend le tout à 4 ou 5m de hauteur, sur un arbre, à l’aide d’une corde. Après ça, essayez de trouver le sommeil.

Le 19 mai, nous prenons le ferry jusqu’à Valdez. Une ville au moins aussi attractive que sa cousine Whittier. Nous y dévorons la première pizza de l’aventure et prenons la route le lendemain matin en direction du nord, pour quatre jours de pédalage avant de bifurquer.

Nous intriguons sur nos vélos chargés, dans nos costumes de cyclo-voyageurs . Les Américains sont curieux et avenants. Ils sont très sympathiques, se montrent souvent encourageants, voire admiratifs. C’est assez plaisant.

Nous franchissons le premier col après une lente et longue montée. Les montagnes grandissent, la vallée s’éloigne doucement. Le col n’est plus très loin, jusqu’à ce qu’il nous fasse basculer dans une toute autre vallée, avec son lot de glaciers, de courant froid, de descente en roue libre. La nuit s’annonce fraîche mas sera reposante. Surtout après une « douche » à la neige. Oui, je me suis lavée avec de la neige. J’ai bien cru perdre une partie de mon corps à ce moment-là. Le lendemain nous levons le camp installé entre deux panneaux touristiques expliquant les différents types de formation des glaciers. Juste avant l’arrivée d’un car déversant son flot de touristes Asiatiques.

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La route nous conduira plusieurs jours par monts et par vaux, avec sur noter gauche une rivière qui grossira jusqu’à devenir lac. Paxson lake. Depuis Paxson nous bifurquons enfin sur Denali Hwy.

Au 20ème miles nous nous arrêtons dans l’un des deux restaurants que compte la Denali Hwy longue de 217km. Le restaurant est absolument kitshissime. Des cadres d’un autre temps ornent les murs. Des photos de George W. Bush trônent aux côtés de portraits d’Esquimaux agrémentés de Husky. Wes Anderson pourrait trouver là l’inspiration pour un prochain film. J’engloutis quelques tasses de café et mets mon végétarisme au placard, une fois de plus. La maison ne sert pas de burger végétarien. C’est alors qu’un cycliste débarque. Mark voyage dans le sens inverse du notre. Nous discutons un moment puis poursuivons chacun de notre côté. Nous passons deux nuits près de ce café.

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Après ce répist bien mérité, nous entamons la route en gravier qui nous mènera jusqu’à Cantwell, situé 180km plus loin. Cette journée qui s’annonçait difficile, -avec un col à passer, de la neige partout autour de nous, une route sans asphalte- sera finalement un moment superbe ! Le soleil donne, les alentours sont splendides, la neige m’émerveille.

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Une fois le col passé, nous nous octroyons une pause bien au chaud, dans le second restaurant de la route. Soupe et pain à volonté. Nous nous fondons dans la masse, entre deux bus de touristes venus traverser l’Alaska. Nous prenons des forces avant d’avaler à nouveau une 40aine de kilomètre jusqu’à un arrêt sauvage pour la nuit. Le coin douche ressemblait à ça le soir venu :

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Lorsque nous arrivons à Cantwell, c’est un peu la fin du tunnel. Le retour à la lumière. La route goudronnée déroule sous nos roues des kilomètres lisses. Poussés par un vent venu du Sud, nous parcourons très rapidement les 25 miles entre Cantwell et l’entrée du Denali National Park. Certes, les camions « Oversize » et autres pick-up démesurés ne cessent de nous dépasser, mais quel plaisir d’avancer à vive allure avec autant de facilité !

Nous voici dans le parc du Denali !

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Mes coéquipiers choisiront de partir à l’aventure en randonnée dans les montagnes du fin fond du parc (ils reviendront 2 jours plus tard, stoppés et refroidis par les conditions météo dantesques). La Denali Road (à ne pas confondre avec la Denali Hwy) est une route sans issue. 140 km de montagnes, de géologie fascinante, d’animaux sauvages. Les Américains sont fiers d’appeler ça « wilderness ». Une nature à l’état pure qu’ils veillent à préserver. Bref, pour aller plus loin sur cette route je prends un bus d’où le spectacle sera permanent. Les montagnes au Sud sont magnifiques. Polychrome est un lieu incroyable (tapez Polychrome sur Google vous comprendrez pourquoi ça s’appelle ainsi). C’est un vrai zoo à ciel ouvert. Depuis le bus nous verrons plusieurs ours et oursons, quelques élans, des caribous, des moutons sauvages.

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J’enfourcherai seule mon vélo depuis l’entrée du parc jusqu’au miles 22 pour une nuit au camping avec Rae, une cycliste Canadienne rencontrée à Cantwell, quelques jours plus tôt. Sur le chemin je rencontre trois coureurs incroyables ! Trois jeunes étudiants venus d’Indianapolis (4 jours de voiture avant d’atteindre l’Alaska me précisent-ils), et qui ont décidé de savouré leur vacances d’été en courant chaque jour dans des coins incroyables. Quelle forme olympique ! Ils me doublent en côte, je les rattrapent sur le plat et nous discutons dans la descente. Une belle rencontre qui illuminera ma semaine. Trois mecs qui courent en short fluo et en sweat à capuche, au beau milieu de ce décor, ça avait des airs de Forest Gump (souvenir rafraîchi de ce film par un visionnage dans l’avion, je l’avoue).

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Ce matin, Johann est parti seul pour tenter de rallier Prudhoe bay pendant le temps qui lui est imparti, avant d’embarquer à nouveau pour la France. Avec Brad, nous repartons demain en direction de Fairbanks où nous rejoindrons Tim, l’Anglais de la bande.  De là, nous nous rendrons à Prdhoe bay, sur les bords de la mer Arctique. Deux semaines d’aventure en perspectives sur la mythique Dalton Hwy.

En tous cas, les confirmations agréables se succèdent : les Américains sont vraiment adorables, accueillants et prévenants. Les paysages dépassent mes attentes (bien que j’ai pour habitude de ne pas trop regarder où je vais pour conserver intacte la découverte des lieux). Le vélo n’est toujours pas électrique, mais je roule avec plaisir.

Merci pour tous vos commentaires et vos petits mots gentils. ça me fait extrêmement plaisir !

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