Washington State : l’été Indien en Amérique

Les photos sont ici !

Je suis repartie de Vancouver le 18 septembre, en compagnie de Loïc, cycliste au long court qui m’a rejointe quelques jours plus tôt. Nous filons laborieusement en direction de la frontière Canada /Etats-Unis, mon visa en poche (ceci est une autre histoire…). Pendant 3 semaines j’ai savouré la vie citadine à Vancouver et ai très peu roulé. Mon corps a déjà oublié comment faire avancer une bicyclette chargée de 25kg de tout et de rien. De plus, sortir de cette grande ville s’avère être un vrai casse-tête ! Les pistes cyclables slaloment entre les voies rapides ; dessus, dessous, on prend à gauche, on suit les panneaux, y a plus de panneaux, on fait quoi ?! Hé bien on bat des records de lenteur ! Bien aidés par la pluie et par un aiguillage hasardeux à la frontière Américaine, nous roulons… 50km en 2 jours. Qu’importe, on continue sous la pluie en direction des îles de l’ouest, dans l’Etat du Washington.

Point de cocotier ou de plage de sable fin.

DSC_5030

C’est toutefois le grand retour de chaleur humaine à l’Américaine. Nous croisons beaucoup de curieux qui nous demandent où nous allons, d’où nous venons. Les questions habituelles. Il y a aussi ceux qui, nous voyant un peu perdus, s’arrêtent et nous proposent de l’aide. Je retrouve ce plaisir un peu perdu, de discuter avec les locaux, mêmes brièvement. Tout ça m’a manqué durant les dernières semaines de pédalage au Canada sur les grands axes ou parmi les touristes.

Nous sillonnons donc les îles, passant de l’une à l’autre. La route est relativement plate. Ca m’arrange ! Les paysages sont vastes, leurs champs cultivés à perte de vue. On alterne camping sauvage dans les bois (grande spécialité de Loïc) et douche (plus ou moins sauvage) dans les campings d’Etat. On se perd une fois (un prémisse de ce qui nous attend après Seattle… ?) à discuter sans prêter attention aux panneaux. Ha non, y avait pas de panneaux. En tous cas, on a fait un détour d’une dizaine de kilomètres.

L'arrivée à Seattle, grandiose !

Nous finissons par rallier Seattle grâce à un ferry. L’arrivée par la baie est grandiose. On fonce sur les immeubles. Les premiers coups de pédales dans la ville sont un peu moins funky : la ville est construite sur une colline, les rues ont été tracées en quadrillage, quittes à offrir des pourcentages de montée indécents. Nous passons quelques jours dans la ville, hébergé par Kurt, un ami de Loïc. nous regardons tomber les premières feuilles mortes tout en réparant les vélos.

Sur les conseils de Kurt, nous choisissons de filer vers le Sud en faisant un détour par l’Est de l’Etat, par un coin très aride. On se perd. Plusieurs fois. On cherche le chemin cyclable. Sans succès. On hésite. On consulte les cartes. Pas les astres. Les cartes routières dont l’échelle , inappropriée, ne nous aide guère. On consulte aussi un officier de policier qui nous assure que nous pouvons emprunter la voie rapide. Alors on fonce vers l’Est. On ne trouve toujours pas l’accès au sentier cyclo. On rebrousse chemin sur la même voie rapide autour de laquelle nous avons tourné pendant 3 jours. Et on change d’itinéraire. Nous nous dirigeons à nouveau vers l’Est, en passant par un col de 70km de long. Pas un seul kilomètre de route plate, pas la moindre micro descente. Il faut pédaler sans arrêt. La pente est douce, mais le chemin est long (c’est pas Raffarin qui avait dit ça ?).

DSC_5131

Nous croisons un gars qui marche le long de la route, poussant un chariot de supermarché et visiblement pas là pour faire ses courses au Safeway du coin (rien à 40km à la ronde). On entame la conversation. Le gars nous demande de l’eau. Je lui offre un litre de ma réserve personnelle. Ce mec commence à nous parler des Indiens qui vivent dans la réserve de l’autre côté de la montagne, et d’un conflit qui les opposeraient au gouvernement Américain. Pas toujours facile de comprendre de telles explications en anglais. Surtout quand le type vous glisse au passage qu’il y a des zombies verts (précis le gars) dans les bois. A-t-on bien compris ? Des zombies ? Hum, étrange, ce mec-là ne doit pas manger que des Chocapic au petit déjeuner. Nous coupons court à la discussion. Il nous précise alors que nous ne devons pas ramasser les objets abandonnés le long de la route, tels que des gants (je vous ai dit, il est précis le gars). Il se charge de les récolter. Ca fait partie de sa mission : il est « avec les FBI » dans la résolution du fameux conflit entre Indiens et Gouvernement Américain. On se retient de rire, et on reprend la route.

DSC_5151

Dédicace aux Cantalous !

Une fois de l’autre côté de la montagne, c’est une longue descente qui nous attend, ainsi qu’un camping fermé (la saison d’été étant terminée) où nous faisons un feu de bois pour nous réchauffer. Les températures commencent à diminuer sérieusement. Depuis le départ de Vancouver, je ressens le changement de saison. Les journées se font courtes. Lorsqu’il est question de vivre dehors, l’impact est assez immédiat. A 19h30 il fait nuit, nous essayons donc de trouver un campement avant 17/18h. Tout le monde dort à 20h. Ou plus tôt. Vivre au rythme des saisons est l’un des grands plaisirs de ce voyage. J’apprécie de voir changer la nature et les éléments au fur et à mesure de ma progression géographique.

On se réveille dans le froid, on rallume un feu. Tandis que le soir même, nous sommes dans cette fameuse zone désertique aride près de Yakima.

DSC_5145-2

S’en suivront quelques journées de pédalage assez incroyables parmi les collines jaunies et pelées, au milieu de champs arrosé aussi, et le long d’une rivière. Nous poursuivons les bivouacs sauvages planqués dans les broussailles. On commence enfin à trouver notre rythme sur la route : je retrouve la forme physique qui m’avait manquée depuis Vancouver, on prend quelques habitudes de consommateurs dans les rayons des supermarchés, on adhère au programme de fidélité Safeway. Bref, on s’américanise.

C'est l'automne à Safeway !

Nous finissons par atteindre Portland, une ville autoproclamée bizarre, qui entretient sa particularité de ville N°1 du vélo aux Etats-Unis. C’est pas encore Halloween, et pourtant on croise des cyclistes qui nous sembleraient déguisés si nous les apercevions n’importe où ailleurs. La ville connaît aussi son lot de pauvreté, de sans-abris, de jeunes qui mendient, de drogués qui se serrent les coudes. L’endroit est toutefois assez paisible. On se fait racoler 3 fois pour de l’argent ou des cigarette. Nous avons même droit à un grand « Fuck you » lorsque nous refusons de donner de l’argent à un garçon pourtant bien poli jusque là.

La ville est surtout très réputée pour son art de vivre, ses micro-brasseries à tous les coins de rues, ses barbus à vélo, ses doughnuts rangés dans des boîtes roses de chez Voodoo Doughnut, ses burritos géants de la Casa del Sol.

Good thinks come in pink boxes

Good thinks come in pink boxes

Nous sommes hébergés par Lena et Paul, un couple Américano-Anglais chez qui nous restons 3 nuits. Demain, samedi 11 octobre, nous reprendrons la route en direction de la côte Ouest. Nous devrions longer l’Océan Pacifique à partir de lundi. Enfin, ça dépendra de nos égarements et des panneaux ! Prochaine grande ville : San Francisco, dans environ 1200km.

De Vancouver à Portland

De Vancouver à Portland

 

DSC_5164

Publicités

3 réflexions sur “Washington State : l’été Indien en Amérique

  1. Merci Lucille pour le récit de tes aventures et les photos toujours aussi superbes. Bonne route vers l’ouest. Bises Marie-Line et Philippe

  2. Merci Lucile pour le récit de tes aventures cyclotouristiques ! et les photos qui sont toujours superbes.
    Bonne route.
    Bises
    Marie-Line et Philippe

  3. Salut,

    Je vois que ton voyage avance. Tu es allé à Jasper et dans le Icefield Parway, cool de voir des photos avec moins de neige. J’y étais en Avril.
    Ah et je vois aussi que tu es allé chez voodoo Doughnuts, très bon choix, les meilleurs de Portland. Je ne sais pas si c’est ta route mais je te conseil d’aller à Yosemete Park en Californie. Mais fait vite la neige arrive tôt.

    Bonne route,

    Jérémie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s