Des ours et des vaches, des lacs et des sapins, le Canada plus que jamais

"Beautiful British Colombia"

« Beautiful British Colombia »

 

Il s’en est encore passé des choses depuis mon dernier récit à Dawson city ! Je suis toujours au Canada, j’ai quitté la Province du Yukon pour rejoindre la Colombie Britannique où je me trouve actuellement. La route juste après Dawson city ne pouvait être aussi grandiose que celles parcourues en Alaska. Mais les paysages changent de jour en jour et ont de quoi émerveiller à nouveau.

Après deux jours de repos chez Philippe, du réseau Warmshowers (accueil pour les cyclistes chez d’autres cyclistes, à travers le monde), à Whitehorse, je suis repartie seule en direction de l’Est. Sur cette route, l’Alaska highway, on longe souvent de grands et beaux lacs (c’est le Canada, je vous rappelle, faut bien mettre un peu de lacs dans cette histoire), ainsi que des forêts de sapins. Les montagnes au loin domine les paysages.

Watson lake

Les ours, eux, sont bien près de la route. Je verrai les premiers en roulant un soir, après la pluie. 3 ours noirs et deux grizzlis. Le lendemain je verrai une ourse et ses trois oursons. Il paraît que ça porte chance, car d’ordinaire ces animaux ont un ou deux petits. Les bestioles sont impressionnantes. Surtout les grizzlis. D’autant plus quand on est matraqué de consignes de sécurité depuis plus de deux moi et bien au fait du potentiel de dangerosité de ces plantigrades. Les ours semblent cependant assez peu intéressés par les cyclistes et les bananes dans les sacoches. Je passe tout de même une nuit dans les toilettes d’une aire de repos… on sait jamais ! Et puis ça m’aura éviter de prendre un orage par le coin de la tente.

Outre la nature omniprésente qui occupe bien l’esprit, je vais jusqu’à Watson lake, une ville célèbre pour son parc de plaques. Un labyrinthe dans lequel on a envie de se perdre en regardant en l’air les panneaux laissés par des centaines de visiteurs.

Watson lake

Je ne croise aucun cycliste sur l’Alaska highway, soit pendant 440km.

Au moment de bifurquer sur la Cassiar Highway qui part en direction du Sud, je me sens prise d’une angoisse qui m’empêche de rouler sur cette route. C’est une deux voies plutôt étroite et très peu fréquentées. Les ours y sont nombreux, les côtés de la route bordés de buissons et d’arbres, ne laissant pas de visibilité qui me permettrait d’anticiper une grosse bête -genre grizzli. Le vrai problème est le suivant : quand je commence à avoir peur, je ne peux pas surpasser cette peur. Alors je contourne le problème en optant pour du stop. C’est Alison et ses nièces qui me conduiront jusqu’à l’hôtel qu’elle dirige et où toutes travaillent. Alison m’offre une chambre, nous dînons ensemble et allons faire un tour jusqu’à Dease lake, car l’hôtel est tout près. Nous entamons un débat résolu à grand coup de Google : le Mexique est-il situé en Amérique du Nord ou en Amérique central ? Alison me propose de rester chez eux, à Smithers, plus au sud sur ma route, car ils prévoient d’y passer une semaine.

Ashley, Rachel, Alison, Johnathan, Helen

Ashley, Rachel, Alison, Johnathan, Helen

Au lendemain de cette chouette rencontre, et de cette douce nuit dans un lit king size, je ne me sens toujours pas prête à rouler sur mon vélo. Alors je fais à nouveau du stop, en espérant rallier Kitwanga dans la journée, au sud de cette route qui me déplaît tant. Robin m’embarque dans son pick up et nous roulons pendant 7h. A Kitwanga, c’est Rae, une copine cycliste rencontrée en Alaska qui me récupère et me conduit jusqu’à Prince Rupert chez elle.

Prince Rupert est situé sur la côte ouest du Canada, au bord du Pacifique. De la pluie à Prince Rupert ? Non, des arcs-en-ciel ! Nous passons tout de même au travers des gouttes durant une journée et en profitons pour faire du kayak dans un bras de mer. Le vélo ne prépare pas à faire du kayak ! J’ai des bras en guimauve. Mais j’avance bien avec un bon vent dans le dos… Nous passons une journée agréable et voyons des phoques !

Kayak à Prince Rupert    Des phoques !

 

Dimanche 27 juillet, je quitte Prince Rupert et son ambiance humide, équipée d’une nouvelle sacoche de guidon. Une sacoche ETANCHE qui m’évitera bien des tracas pendant les 4 jours qui suivent. La route est bien plate sur environ 200 km. Et ça m’arrange ! J’ai passé une semaine à ne rien faire, à trop manger, à me coucher tard. Tout ça se ressent. Mais la forme revient, les villes se font de plus en plus nombreuses. Désormais je passe par une (petite) ville par jour. Ca signifie que je n’ai plus à me préoccuper de transporter beaucoup de nourriture. Les sacoches s’allègent et je peux enfin manger régulièrement (tous les jours) des légumes frais et du pain.

Camping 5 étoiles...

Camping 5 étoiles…

La rivière qui longe la route est bleue turquoise, les saumons font des bons. Elle offre aussi quelques plages des galets… ou de sable fin.

En m’éloignant du Pacifique, la météo change. Les températures sont de plus en plus élevées. C’est d’ailleurs grâce à ça que je prends (enfin) le temps de rédiger un nouvel article. Il devient difficile de rouler en début d’après-midi. Il fait environ 28°C et le soleil tape fort. De plus, un feu ravage une forêt de la province, la fumée embue le ciel et charge l’air déjà lourd. Alors j’adapte encore mon rythme, tente de ma lever un peu plus tôt afin de rouler à la fraîche.

"Tant de vallées, de prairies, de rivières. Et la joie des plaines."

« Tant de vallées, de prairies, de rivières. Et la joie des plaines. »

L’hospitalité des Canadiens est toujours aussi admirable et appréciable. Hier, à Burns lake, je faisais du yoga dans un parc au bord du lac quand Kelly est venue à ma rencontre. On a commencé à discuter et elle m’a proposé de venir où elle vit pour passer la nuit. Kelly est pompier durant l’été, elle vit dans une grande maison avec plein d’autres pompiers recrutés pour faire face aux feus qui se déclarent en été. Par chance, ils sont tous en repos. 14 jours de boulot, 3 jours de pause. Alors je discute avec les gars qui défilent dans la cuisine, me posent quelques questions sur mon voyage. Une auberge espagnole bien sympathique !

Et me voilà à Fraser lake, squattant le confortable fauteuil de l’office de tourisme. Besoin de wifi ? Allez à l’office de tourisme !

Welcome to my office!

Les dernières photos sont ICI

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8 réflexions sur “Des ours et des vaches, des lacs et des sapins, le Canada plus que jamais

  1. C’est vraiment fou toute la distance que tu as déjà parcourue ! Et toutes ces rencontres qui te boost dans les moments difficiles, je me sens toute petite dans mon quotidien bien bordé !

    Je suis admirative devant tant de volonté et d’énergie.

    Bises et bonne suite,

    Annie

  2. Coucou Pépette ,
    Belles images, et supers commentaires. Tu nous fais rêver.
    Sommes très fières de toi.
    Bonne route .
    Un énorme bisou plein d’affection.
    Espé, Elda, Nicole…. ET oui c’est le 15 août….

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