Simple life…

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Vous vous demandez combien de temps je passe sur mon vélo, ce que je mange, comment je m’approvisionne en eau… Il faudrait pourtant apposer à article une mention « suggestion de présentation » car les jours se suivent et ne se ressemblent pas vraiment. Durant ces dernières semaines j’ai pu m’organiser assez librement, mais j’ai aussi roulé avec d’autres cyclistes, nous avons accordé nos envies et nos capacités à rouler. Quoi qu’il en soit, si je voyage, c’est aussi pour jouir d’une liberté hors de prix, éviter les contraintes que je déteste, m’affranchir de toute rigueur. Cette publication a plutôt pour vocation de satisfaire votre curiosité et vous faire partager un peu de mon quotidien. Car si ce grand périple semble être seulement fait de grands moments, de beaux paysages et de sympathiques rencontres, la vie dans ce qu’elle a de plus simple occupe une grande place. Voyager indépendamment sur mon vélo me rapproche de l’essentiel, des préoccupations les plus basiques, vitales même.

L’eau…

Je veille à récupérer de l’eau dès que j’en ai la possibilité. Mon vélo est équipé de trois bidons d’un litre chacun. A cela je peux ajouter une ou deux bouteilles d’eau sur mes sacoches si le parcours s’annonce aride ou sans « services » (station essence, café…). Je dispose surtout d’une pompe qui filtre l’eau. Elle me permet de prendre de l’eau dans les cours d’eau. Parfois on me propose de l’eau. Pas plus tard qu’hier, j’installais mon campement sur une aire de repos, un routier est venu me taper la causette et m’a proposé de l’eau. Il a rempli un bidon avec l’énorme bombonne d’eau qu’il transporte. Trois litres d’eau ça peut semblait beaucoup… mais cette eau me sert à trois choses : m’hydrater, préparer à manger, me laver les mains, me débarbouiller après une journée passée à transpirer dans la poussière. Finalement, trois litres, c’est pas énorme. Imaginez que le matin en vous levant vous tiriez trois litres d’eau de votre robinet, et que vous vous contentiez de ça pour une journée… Quelques jours avant mon départ, à Lyon, un monsieur s’est approché de mon vélo, a regardé le porte bidon situé sous le cadre du vélo et m’a dit qu’il n’avait jamais vu ça, et que le bidon devait être, je cite, « cracra ». Entre un bidon « cracra » et une sévère déshydratation, le choix est vite fait. Au fil des semaines, j’ai développé quelques techniques qui me permettent de limiter cette consommation d’eau si précieuse. Hier par exemple, au moment du déjeuner je me suis arrêtée près d’une rivière. J’en ai profité pour prélevé 2L avec mon filtre (de l’eau potable donc). Je me suis lavée (chose que je n’avais pas faite la veille…) y compris les cheveux. J’ai fait cuire une pleine popote de pâtes et avec l’eau chaude des pâtes j’ai préparé de la semoule. J’ai mangé la semoule et conservé les pâtes en prévision du repas soir ou du lendemain. Trouver de l’eau n’est pas forcément un problème, mais à chaque fois je dois trouver un endroit pour poser mon vélo, chanter pour prévenir d’éventuels d’ours qui vaqueraient eux aussi à leurs occupations, trouver un point d’accès jusqu’au bord de l’eau…

Le festin

L’Alaska et la zone du Canada que je traverse sont immenses. Les échelles n’ont rien de comparables avec celles que nous connaissons en France et en Europe. Des routes de 800km peuvent compter un seul point de services. Je dois alors prévoir de la nourriture en quantité suffisante. Petit déjeuner, déjeuner numéro 1, déjeuner numéro 2, diner, collations. Je suis partie de Whitehorse (Yukon, Canada) le 15 juillet, en direction de Prince George. Entre ces deux grandes villes, 1.200km. Quelques villages et points d’arrêt (pas toujours signalés sur les cartes) : Teslin, Watsonlake, Jade lake et j’en passe. Souvent les stations services font aussi restaurant. Ce qu’ils appellent « Café » qui proposent burgers et chili con carne, pâtisseries maison et glaces, canettes de soda et café à volonté. Les prix sont souvent moins chers qu’en ville. Vous pouvez déguster un cheese burger pour 9,50$ et un café pour 1,60$. Comptez 2,50$ pour un café de base dans un Starbuck ou chez Tim. Revenons aux provisions pour ces 14 à 16 jours jusqu’à Prince George.

  • 500g de penne (mes pâtes préférées!), soit 3 ou 4 repas

  • de la semoule, 2 repas

  • de la purée, 1 repas

  • 900g de riz cuisson ultra simplifiée (à plonger dans l’eau bouillante et à laisser reposer 5 minutes sans cuisson), 10 repas environ

  • un sachet de noodles

  • une canette de concentré de soupe de céleri

  • du pesto, 6 à 8 plats assaisonnés avec le même bocal

  • du saumon en conserve, une grande nouveauté dans mon alimentation

  • du fromage plastique en tranches, 6 plats accommodés avec ce délicieux « Black Diamond »

  • 6 pains orientaux, en complément des petits déjeuner, en collation, ou en sandwich au déjeuner

  • 2 mini pots d’houmous, parfaits pour 2 déjeuners avec le pain

  • un demi sachet de mini carottes, idéales avec l’houmous, en guise grignotage ou avec la semoule

  • un concombre, parfait en sandwich et avec la semoule

  • un demi pot de beurre de cacahuètes, à déguster sur du pain, avec une banane

  • 6 bananes, une au petit déjeuner écrasée avec les céréales et pour les goûters

  • 1kg de flocons d’avoine, soit 6 à 8 petits déjeuners, à hydrater avec de l’eau chaude

  • un pot de miel, délicieux au petit déjeuner sur le mange banane/céréales

  • des fruits secs : papaye, ananas, dates que j’utilise en collation ou en variation du petit déjeuner

  • un fond d’épicerie : je récupère des sachets individuels de temps en temps dans les cafés. Sucre, sucre zéro calorie, miel, sel, parmesan, tabasco, dosette de café, des chewing gum, une sucette à la myrtille

  • un sachet de curry

  • un sachet de piment doux

  • un sachet d’oignons déshydratés

  • 60 sachets de thé noir (en Amérique du nord tout est grand…)

  • un reste de ration de l’armée donné par Cyndie à Chicken : une tranche de pain, des fruits déshydratés

  • 5 tablettes de chocolat ; amandes/noisettes, caramel, chocolat au lait… c’est plein de magnésium !

  • un paquet de cookies… c’est plein de calories !

  • 40 barres de céréales. J’ai fait le plein car les petits paquets de 6 barres coûtent relativement chers : 0,50$/barre. Alors qu’en grande quantité, la même barre coûte 0,20$. Une économie substantielle puisque j’en mange 2 à 3 par jours. De plus, elles peuvent être utilisées à n’importe quel moment de la journée, ne nécessitent pas d’eau et sont vachement délicieuses (surtout quand le soleil a fait fondre le chocolat qui les enrobe… huuum)

Si j’économise l’eau, je fais aussi attention à limiter la consommation de propane, car une bouteille de taille moyenne prend de la place dans les sacoches. De plus, si je prévois seulement une bouteille, je dois m’attendre à ne pas trouver de recharge avant…1200km, deux semaines de voyage dans le cas présent. C’est pourquoi je pratique la double utilisation : préparation des pâtes et utilisation de l’eau chaude pour un autre plat… C’est l’apprentissage du minimalisme sans privation. Il est donc possible de consommer moins et de se faire plaisir, c’est juste une prise de conscience, ou une nécessité.

La sécurité

Jusqu’à présent, je n’ai pas eu à me préoccuper des comportements des êtres humains environnant. Je fais tout de même attention, lorsque je dois aller faire des courses avec mon vélo, surtout s’il est chargé. Mais je peux le laisser sans crainte dans les toilettes des aires de repos durant la nuit. J’ai pris l’habitude d’apposer un petit mot, surtout pour dire de ne pas toucher, pour ne rien abîmer. Mais pourquoi donc doit-il passer la nuit dans les toilettes ? Pour éviter de tenter les ours pardi! Un ours pourrait peut-être ouvrir une porte de toilettes canadiens (ça n’était pas le cas en Alaska, à moins que l’ours en question ait eu un QI de 150…) mais les odeurs de la nourriture contenue dans mes sacoches sont altérées, et puis la nourriture est à une distance convenable de ma tente, 30 à 50m selon les aires de repos. Et puis, c’est plus facile que de suspendre 12kg à un arbre.

Voilà pour quoi je choisis souvent de d’arrêter sur ces aires. On me dit souvent que je suis courageuse, et on me demande si j’ai peur. Oui j’ai peur. Peur des ours, des orages, des chiens qui gardent vigoureusement les propriétés. Depuis le départ j’ai encore grandi. Prendre la décision de faire ce voyage avait réclamé -c’est ainsi que je le perçois- un certain courage. Vivre ce voyage demande une autre forme de bravitude (!) dont je m’accommode progressivement. Je dépasse mes peurs sans prendre de risques. Je ne sors pas encore de ma zone de confort : j’ai déplacé ma zone de confort. Ce que je suis capable d’accomplir aujourd’hui, je ne l’aurai pas fait il y a deux mois, lorsque ce voyage a commencé.

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2 réflexions sur “Simple life…

  1. Clair qu’il en faut du courage pour entreprendre un tel périple!!
    Je me régale à te lire et à te suivre à travers tes magnifiques photos.
    Profite à fond de cette expérience.
    Bises
    Anne-cé

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