De retour !

Déjà ? Oui déjà. Je suis rentrée après une dizaine de jours de voyage à vélo. Après avoir parcouru 500 km d’Oslo à Bergen. Après avoir navigué au milieu des montagnes et des fjords.

Elle est belle la Norvège. Avec ses champs cultivés, ses petits sentiers qui sentent les conifères, ses stations service qui fleurent bon la cannelle et le café, ses maisons aux toits végétalisés, ses montagnes encore recouvertes de neige, ses fjords qui vous protègent de la rage de l’océan.

Oui elle est belle la Norvège. J’avais besoin de réfléchir et de me dépenser. Sans doute aussi de clore en solitaire mon voyage de l’an dernier achevé trop tôt. Alors voilà, c’est fait. Je raccroche les sacoches le temps de souffler. De retrouver une vie normale.

La solitude que j’avais tant appréciée il y a un an, pesait lourd cette fois-ci. Mais c’est surtout le manque de contact, de rencontre qui m’a ennuyée. Voyager d’Oslo à Bergen fut parsemer de sublimes paysages que j’ai parcourus avec une forme physique surprenante. Et déclinante sans jour de repos.

Bref, je suis rentrée et les photos seront prochainement en ligne.

En attendant, bon vélo à vous, bon voyage et à bientôt !

Cap au Nord. Encore !

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Sans objectif. Sans limite. Avec l’envie de renouer avec le voyage, la nature, les grands espaces. Je reprends la route à bicyclette. Pourvue d’un nouveau vélo. Après avoir vendu Mario à l’un de ses compatriotes. C’est encore le Nord qui l’emporte. Mardi 23 juin 2015 je vais commencer un nouveau voyage. Plus modeste. Plus court. Plus arrosé aussi. Un voyage que je souhaite effectuer en toute liberté. Il m’aura fallut un hiver et tout le printemps pour y songer. Quelques heures à peine pour décider. Repartir d’avère finalement assez simple. Grâce aux partenariats noués l’an dernier et au soutien de mon entourage -famille, collègues- j’ai pu faire l’acquisition de matériel de qualité prompt à refaire un tour.
Quelques questions subsistent. Mes épaules vont-elles m’épargner les douleurs que je n’ai plus réussi à appréhender l’an dernier ? Est-ce si facile de voyager sans but précis ?
Je donnerai de sommaires nouvelles car je n’emporte pas mon ordinateur. Vous retrouverez donc les photos des paysages scandinaves à mon retour…
Vous pourrez aussi me suivre via la page facebook de Goûter aux alentours.
A très bientôt !

Grand virage…

La dernière fois que j’ai posté un article, j’avançais en direction de San Francisco par la côte Ouest des Etats-Unis. A mi-parcours entre Portland et San Francisco (SF), il a bien fallu que je me rende à l’évidence : les douleurs chroniques que je ressens depuis des années, avaient encore gagné du terrain. De la nuque jusqu’au bout des doigts, j’ai mal. Mes nuits sont perturbées et ça m’inquiète. Je gigote sur le vélo dans l’espoir de trouver une position qui me convienne. Nouveau réglage de hauteur de la potence, nouveau cintre, nouvelles poignées. Rien n’y a fait.

Californie, suite et fin

Californie, suite et fin

Alors pour ma santé future, j’ai pris la décision difficile de revoir mes plans, d’arrêter de rouler à vélo. Avec Loïc, nous avons choisi de rallier SF en train depuis le Sud de l’Oregon. A SF nous avons loué un van qui nous emmène aux quatre coins du Sud-Ouest des Etats-Unis : Yosemite, Death Valley, Las Vegas, Zion, Bryce, Grand Canyon,  Joshua Tree, puis pour finir, Los Angeles, d’où nous reprendrons l’avion en direction de Paris. Voyager en véhicule motorisé n’a pas la même saveur, ni le même coût. C’est pourquoi nous quitterons le sol Américain le 15 novembre (enfin, ça c’est le plan officiel, mais en général, j’ai pas trop de chance avec les transports…).

Arrivée à Death Valley

Arrivée à Death Valley

Las Vegas by night!

Las Vegas by night!

A mon retour, je prendrai le temps de vous parler de San Francisco, de ce bout de voyage en voiture, et de mes impressions générales sur ce voyage, sur l’Amérique du Nord.

See you!

 

Washington State : l’été Indien en Amérique

Les photos sont ici !

Je suis repartie de Vancouver le 18 septembre, en compagnie de Loïc, cycliste au long court qui m’a rejointe quelques jours plus tôt. Nous filons laborieusement en direction de la frontière Canada /Etats-Unis, mon visa en poche (ceci est une autre histoire…). Pendant 3 semaines j’ai savouré la vie citadine à Vancouver et ai très peu roulé. Mon corps a déjà oublié comment faire avancer une bicyclette chargée de 25kg de tout et de rien. De plus, sortir de cette grande ville s’avère être un vrai casse-tête ! Les pistes cyclables slaloment entre les voies rapides ; dessus, dessous, on prend à gauche, on suit les panneaux, y a plus de panneaux, on fait quoi ?! Hé bien on bat des records de lenteur ! Bien aidés par la pluie et par un aiguillage hasardeux à la frontière Américaine, nous roulons… 50km en 2 jours. Qu’importe, on continue sous la pluie en direction des îles de l’ouest, dans l’Etat du Washington.

Point de cocotier ou de plage de sable fin.

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C’est toutefois le grand retour de chaleur humaine à l’Américaine. Nous croisons beaucoup de curieux qui nous demandent où nous allons, d’où nous venons. Les questions habituelles. Il y a aussi ceux qui, nous voyant un peu perdus, s’arrêtent et nous proposent de l’aide. Je retrouve ce plaisir un peu perdu, de discuter avec les locaux, mêmes brièvement. Tout ça m’a manqué durant les dernières semaines de pédalage au Canada sur les grands axes ou parmi les touristes.

Nous sillonnons donc les îles, passant de l’une à l’autre. La route est relativement plate. Ca m’arrange ! Les paysages sont vastes, leurs champs cultivés à perte de vue. On alterne camping sauvage dans les bois (grande spécialité de Loïc) et douche (plus ou moins sauvage) dans les campings d’Etat. On se perd une fois (un prémisse de ce qui nous attend après Seattle… ?) à discuter sans prêter attention aux panneaux. Ha non, y avait pas de panneaux. En tous cas, on a fait un détour d’une dizaine de kilomètres.

L'arrivée à Seattle, grandiose !

Nous finissons par rallier Seattle grâce à un ferry. L’arrivée par la baie est grandiose. On fonce sur les immeubles. Les premiers coups de pédales dans la ville sont un peu moins funky : la ville est construite sur une colline, les rues ont été tracées en quadrillage, quittes à offrir des pourcentages de montée indécents. Nous passons quelques jours dans la ville, hébergé par Kurt, un ami de Loïc. nous regardons tomber les premières feuilles mortes tout en réparant les vélos.

Sur les conseils de Kurt, nous choisissons de filer vers le Sud en faisant un détour par l’Est de l’Etat, par un coin très aride. On se perd. Plusieurs fois. On cherche le chemin cyclable. Sans succès. On hésite. On consulte les cartes. Pas les astres. Les cartes routières dont l’échelle , inappropriée, ne nous aide guère. On consulte aussi un officier de policier qui nous assure que nous pouvons emprunter la voie rapide. Alors on fonce vers l’Est. On ne trouve toujours pas l’accès au sentier cyclo. On rebrousse chemin sur la même voie rapide autour de laquelle nous avons tourné pendant 3 jours. Et on change d’itinéraire. Nous nous dirigeons à nouveau vers l’Est, en passant par un col de 70km de long. Pas un seul kilomètre de route plate, pas la moindre micro descente. Il faut pédaler sans arrêt. La pente est douce, mais le chemin est long (c’est pas Raffarin qui avait dit ça ?).

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Nous croisons un gars qui marche le long de la route, poussant un chariot de supermarché et visiblement pas là pour faire ses courses au Safeway du coin (rien à 40km à la ronde). On entame la conversation. Le gars nous demande de l’eau. Je lui offre un litre de ma réserve personnelle. Ce mec commence à nous parler des Indiens qui vivent dans la réserve de l’autre côté de la montagne, et d’un conflit qui les opposeraient au gouvernement Américain. Pas toujours facile de comprendre de telles explications en anglais. Surtout quand le type vous glisse au passage qu’il y a des zombies verts (précis le gars) dans les bois. A-t-on bien compris ? Des zombies ? Hum, étrange, ce mec-là ne doit pas manger que des Chocapic au petit déjeuner. Nous coupons court à la discussion. Il nous précise alors que nous ne devons pas ramasser les objets abandonnés le long de la route, tels que des gants (je vous ai dit, il est précis le gars). Il se charge de les récolter. Ca fait partie de sa mission : il est « avec les FBI » dans la résolution du fameux conflit entre Indiens et Gouvernement Américain. On se retient de rire, et on reprend la route.

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Dédicace aux Cantalous !

Une fois de l’autre côté de la montagne, c’est une longue descente qui nous attend, ainsi qu’un camping fermé (la saison d’été étant terminée) où nous faisons un feu de bois pour nous réchauffer. Les températures commencent à diminuer sérieusement. Depuis le départ de Vancouver, je ressens le changement de saison. Les journées se font courtes. Lorsqu’il est question de vivre dehors, l’impact est assez immédiat. A 19h30 il fait nuit, nous essayons donc de trouver un campement avant 17/18h. Tout le monde dort à 20h. Ou plus tôt. Vivre au rythme des saisons est l’un des grands plaisirs de ce voyage. J’apprécie de voir changer la nature et les éléments au fur et à mesure de ma progression géographique.

On se réveille dans le froid, on rallume un feu. Tandis que le soir même, nous sommes dans cette fameuse zone désertique aride près de Yakima.

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S’en suivront quelques journées de pédalage assez incroyables parmi les collines jaunies et pelées, au milieu de champs arrosé aussi, et le long d’une rivière. Nous poursuivons les bivouacs sauvages planqués dans les broussailles. On commence enfin à trouver notre rythme sur la route : je retrouve la forme physique qui m’avait manquée depuis Vancouver, on prend quelques habitudes de consommateurs dans les rayons des supermarchés, on adhère au programme de fidélité Safeway. Bref, on s’américanise.

C'est l'automne à Safeway !

Nous finissons par atteindre Portland, une ville autoproclamée bizarre, qui entretient sa particularité de ville N°1 du vélo aux Etats-Unis. C’est pas encore Halloween, et pourtant on croise des cyclistes qui nous sembleraient déguisés si nous les apercevions n’importe où ailleurs. La ville connaît aussi son lot de pauvreté, de sans-abris, de jeunes qui mendient, de drogués qui se serrent les coudes. L’endroit est toutefois assez paisible. On se fait racoler 3 fois pour de l’argent ou des cigarette. Nous avons même droit à un grand « Fuck you » lorsque nous refusons de donner de l’argent à un garçon pourtant bien poli jusque là.

La ville est surtout très réputée pour son art de vivre, ses micro-brasseries à tous les coins de rues, ses barbus à vélo, ses doughnuts rangés dans des boîtes roses de chez Voodoo Doughnut, ses burritos géants de la Casa del Sol.

Good thinks come in pink boxes

Good thinks come in pink boxes

Nous sommes hébergés par Lena et Paul, un couple Américano-Anglais chez qui nous restons 3 nuits. Demain, samedi 11 octobre, nous reprendrons la route en direction de la côte Ouest. Nous devrions longer l’Océan Pacifique à partir de lundi. Enfin, ça dépendra de nos égarements et des panneaux ! Prochaine grande ville : San Francisco, dans environ 1200km.

De Vancouver à Portland

De Vancouver à Portland

 

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Dis, c’est encore loin l’Océan ?

TOUTES les PHOTOS sont ici !

Je vous ai laissés au bord de l’autoroute près de Lake Louise, en Alberta, toujours au Canada, pour mieux vous retrouver ici, près de Vancouver.

Souvenez-vous, c’est en compagnie de Daniel, cyclo-voyageur Suédois, que j’ai entamé un retour vers l’ouest. Alors on prend l’autoroute, au milieu d’un trafic dense et rapide, on se retrouve dans un autre monde en l’espace d’un instant. Fini la route au milieu des montagnes, des touristes. Bonjour la Highway 1, aussi appelée Transcanada highway car elle traverse le pays d’Est en Ouest.

Le décalage a de quoi nous faire rire pendant un temps. Les curiosités ne manquent pas au milieu de ce vacarme : les trains d’un kilomètre de long à droite, les convois exceptionnels à gauche. Et des débris en tous genres sur le bord de la route qui fait office de piste cyclable : de quoi remplir la rayon visserie de M. Bricolage. On esquive les pneus éclatés, les pointes, un tire-bouchon (?!), quelques chaussures égarées. un vrai jeu vidéo.

Photo non contractuelle, autoroute désertée

Photo non contractuelle, autoroute désertée

Au deuxième jour sur cette route, l’ambiance change un peu. Le trafic toujours très soutenu est fatigant alors j’enfile les écouteurs et j’en profite pour redécouvrir ce qui se cache dans mon baladeurs. Un peu de Bashung, pas mal d’Angus & Julia Stone, Féfé et tous les autres. On se retrouve surtout sur une route qui passe de 2×2 voies à une route à double sens au milieu des rochers taillés à vif. La « piste cyclable » rétrécie, et on serre les fesses quand un camion nous double. Mais nous aurons droit à une descente superbe et par chance, sans le moindre véhicule, au milieu des roches orangées. On zigzague, on fonce. J’ai l’impression de changer de pays. Ce n’est que le début d’une route surprenante.

C’est parti pour une nouvelle expérience : les tunnels. Nous sommes un peu déconcertés en arrivant au pied du premier tunnel. Les camions se succèdent, ça roule vite, mais c’est un faux plat montant, donc notre vitesse est limitée à vélo. On se concerte pour rouler prêt l’un de l’autre. Daniel passe devant et éclaire avec la lampe de son vélo. Je sors la lampe frontale dotée d’une lumière rouge, offerte par Chris, un motard Canadien rencontré quelques semaines plus tôt. C’est parti. On se suit de prêt, on se colle au « trottoir » que l’on frotte parfois avec les sacoches. En sortant du tunnel on voit que ce n’est pas terminé. On dégouline de sueur à cause du stress et de l’absence de vent à l’intérieur du tunnel. Et ce sera comme ça 5 ou 6 fois.

On passe quelques jours peu intéressants. Les alentours sont superbes, mais il est difficile de flâner quand 10 véhicules par minute me doublent. Tant pis. On traverse une zone assez unique dans le coin : très, très humide. On s’arrête à Revelstoke pendant un jour et demi, le temps de décompresser. Ca ne suffira pas pour sécher mes vêtements. Zone humide oblige, le climat sèche cheveux que je rencontre depuis le début du voyage est en panne. Je repars un peu trempée, un peu parfumée à l’odeur de fringues macérées. Et là, ô miracle ! Je rencontre Kari, avec qui j’avais fait connaissance au milieu du Yukon. Il m’avait proposé de passer par chez lui, plus au sud du Canada, mais j’ai préféré emprunter une autre route. Qu’à cela ne tienne, le hasard est de notre côté ! Il passe le week-end dans le coin avec sa compagne Emily. Et eux aussi, ils ont eu besoin de se ravitailler au supermarché en ce dimanche matin. On n’en revient pas se retrouver ici et maintenant. C’est le genre de surprise qui fait beaucoup de bien au moral. Autant dire, que j’ai roulé « gratos » toute la journée : je n’ai pas vu défilé les kilomètres et j’étais en forme après tout ça.

Retour à la réalité. La route ne présente pas beaucoup d’intérêt jusqu’à ce que nous arrivions à Chase, petite bourgade au bord d’un lac pas si froid que ça. La dame de l’office de tourisme ne nous lâche plus. Elle nous abreuve d’informations et nous décidons de prendre la route secondaire, loin de la voie rapide et de son tumulte assourdissant. Avant cela nous passons la nuit à Chase, sur le parking sur centre commercial ! Une expérience… unique et plutôt pratique. Café frais et muffins au petit déjeuner. Puis je casse une arche de ma tente, comme ça, sans prévenir. Tout un programme… Heureusement, le scotch Gorilla me sauvera la mise.

Tout le confort sur le palier...

Tout le confort sur le palier…

Nous filons donc au nord de la rivière et empruntons cette route secondaire, partiellement en graviers. Haaa, les graviers. Ça me manquait ! Mais quel plaisir d’arpenter cette route au milieu des fermes, des champs, des rochers. Tout est sec, jauni par le manque d’eau et il fait une chaleur incroyable. Les paysages sont d’autant plus beaux que nous avons le temps de les apprécier sans risquer de prendre un camion de 25 tonnes par le coin du guidon. Je me sens bien. Je retrouve le plaisir de rouler sur une route peu fréquentée. J’aime particulièrement cette aridité tellement inattendue. Je ne pensais pas emprunter cette route donc je n’avais aucune idée ce ce qui m’attendait. C’est encore une belle surprise. En cadeau, on voit plein de vaches, des lamas (je vous jure !) et pour finir, des mouflons canadiens (bighorn sheeps…) ! Un vrai safari…

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On file à Kamloops où Vince, un hôte du réseau Warmshower nous héberge, offrant ses canapés pour la nuit tandis qu’un énore orage s’abat sur la ville. Nous repartons le lendemain en sachant qu’une sacrée côte nous attend. Tout le monde nous en parle depuis déjà plusieurs jours, on est prêts ! Alors c’est reparti pour un trafic décadent.ai envie de dire « Toi aussi visite les plus belles autoroutes du Canada sur ton vélo, choisis-les avec un bon pourcentage à gravir, brave l’interdiction de rouler à bicyclette et prend toi un bon vent de face… tu verras, c’est très rigolo. » C’est vrai que c’était drôle. Ou pas. Qu’importe, nous nous dirigeons toujours vers l’Ouest, la majorité du trafic, lui, bifurque vers le sud. Nous sommes de plus en plus tranquilles. On s’émerveille aussi. Les environs ont des allures de désert. Quelques golfs ont poussé, bien arrosés, oasis au milieu de la flore brûlée.

Plus nous progressons et plus la route nous appartient. Je peux pédaler le nez au vent, admirer les collines, les fleurs, les cactus. Oui, c’est vraiment le désert. Nous nous dirigeons vers Lillooet. Marrant ce nom ? Au chapitre des trucs un peu moins drôles : on prend un orage sur le coin du nez, au même moment la chaîne de mon vélo en profite pour casser en pleine côte. La pluie cesse lorsque nous réparons. On repart. J’aurai les mains noircies par la graisse du vélo pendant une semaine… Mais merci Daniel pour ton aide précieuse ! L’arrivée à Lilloet est assez pittoresque. Une vallée profonde tombe à pic à droite de la route. C’est assez impressionnant. Et ça grimpe. Ça grimpe. On mange un peu de gravier. On respire un peu la poussière. Mais un fois en haut, c’est une longue descente qui nous attend jusqu’à la ville qui invite peu au voyage, avec ces airs de bourgade minière.

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Qu’importe, un monsieur vient à notre rencontre est nous indique une aire récréative (Recreation site) où nous pouvons passer la nuit gratuitement, et en toute légalité. Ça changerait des campings dans lesquels Oups on a oublié de payé, ou des aires de repos en plein parc régional où Oups on n’a pas de permis ni le droit de camper. On file vers l’endroit indiqué. Un furieux vent de face souffle. On ne trouve pas l’aire récréative. On s’arrête… bin sur une aire de repos. On s’installe à la nuit tombée dans un coin retiré, avec table de pique nique. Quelques buses d’arrosage automatique se déclenchent lorsque nous dînons… Elles sont assez loin pour ne pas nous atteindre. Je bloque tout de même les buses qui entourent nos tentes à l’aide de grosses pierres. Dodo. Une des buse arrive tout de même à s’ouvrir, ma tente est aspergée dans un vacarme délirant. Ça ressemble à une mauvaise comédie américaine. Ca finit par s’arrêter, je me rendors.

Le lendemain matin nous repartons. Et trouvons l’endroit indiqué la veille… à 200m de notre camping improvisé. Nous allons surtout devoir affronter les montagnes. Une route avec un dénivelé assez fou et ses 12% à gravir. Quand autant d’automobilistes nous tendent des pouces en l’air à travers les vitres ouvertes de leurs engins à moteur, ça sent pas bon pour nous… On n’a pas vraiment le choix, et puis les montagnes sont splendides. Les rivières bleues turquoises. Je remercie le dieu du vélo d’avoir provoqué la casse de ma chaîne la veille. J’aurai pas aimé perdre mon temps ce jour-là. On grimpe, on grimpe. On est affamés. Surtout moi. On s’arrête au bord de la route, dans un virage et on déjeune adossés au blocs de béton. 200m plus loin, devinez quoi ? Une aire de pique-nique. Ça nous fait bien rire. Deux loupés en l’espace de 24h…

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Nous passons la nuit à Pemberton, près de la plage publique, planqués dans les bois. Un couple de cyclistes Canadiens a la même idée que nous. Ils débarquent dans le noir, on se présente sans savoir à quoi on ressemble… On attendra le petit déjeuner pour faire plus ample connaissance avec Gosia et Emiliano. Puis on trace en direction de Squamish, au nord de Vancouver. Ça sent la fin du périple dans le Nord. La fin de la vie rurale et des grands espaces. On grimpe encore, pour mieux dévaler jusqu’au Pacifique.

Le soir nous retrouvons Chris qui nous héberge et chez qui je resterai une dizaine de jours. Je tiens à aller jusqu’à Vancouver avec Daniel et j’y retrouve un autre Suédois, Lars, un copain de l’époque où j’étais stagiaire à Ikealand. Sa copine vit aux Etats-unis, il en profite pour passer la frontière Canadienne. C’est assez marrant de constater à quel point le monde est petit.

Petit mais pas sans barrière. Je dois à présent faire un demande de visa si je veux à nouveau me rendre aux Etats Unis. Alors je profite de cette semaine au calme à Squamish pour gérer la paperasse et jurer-cracher par terre que je n’ai jamais commis de génocide ou enfreint le code de la route Américain. Ce soir, je quitte Squamish pour me rendre à Vancouver où je dois passer un entretien au consulat Américain. D’ici une petite dizaine de jours, je serai rejointe par un nouveau coéquipier.

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Icefields Parkway : la promenade au milieu des Rocheuses

Les photos sont ici !

La Yellowhead Highway (Hwy 16) m’a conduite jusqu’à Jasper, dans les Rocheuses Canadiennes. Je passe une dernière journée sur cette Route 16 en compagnie de trois cyclistes Canadiens. Ensemble, au milieu d’un trafic routier dense et sous un orage de grêle, nous rallions la province de l’Alberta.

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J’ajoute 30min à mon horloge, trompe les gardes à l’entrée du parc pour ne pas payer les 9,50$/nuit qui m’autoriseraient à dormir dans le parc national de Jasper, retrouve Daniel, un cycliste Suédois brièvement croisé sur la Dalton Hwy, 2 mois auparavant. Lui-même a rencontré des cyclistes sur place. Nous sommes alors quatre cyclistes et décidons de partir ensemble dimanche 10 août.

Icefields Parkway

Au matin, nous nous mettons en route pour la Icefields Highway. Si j’ai apprécié de passer du temps seule, j’apprécie tout autant de le partager avec Daniel, Ron (Américain) et Kane (Japonais). La route est grandiose, démente. Les montagnes bordent la vallée. Les couleurs sont surnaturelles. Les rivières tellement bleues. Les falaises orangées. Les pentes verdoyantes. Les bus. Les camping car. Nous faisons de nombreuses pauses photos et mini-promenade : une cascade, un canyon, une rivière, un panneau… Tellement de choses à voir ! La météo est avec nous. Il fait très chaud et le soleil brille, brunie ma peau, efface les précédentes traces de tee-shirt et de short.

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Alors il est facile de se laver dans les rivières, même fraîchement alimentées par les glaciers. Nous passons nos courtes soirées à nous remémorer nos histoires en Alaska ou dans le reste du Canada : les ours, les rencontres hors du commun, les lieux de camping improbables. En tous cas, les campings sont désormais équipés de robinets avec eau courante potable. Ca simplifie l’existence de savoir que nous ne risquons pas d’être à sec, que nous pouvons cuire nos pâtes et autres plats de riz à nos aises.

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On roule, on prend une photo, on fait un petit crochet par un site à découvrir. Nous partageons les lieux avec des hordes de touristes Asiatiques, Nord-Américains, Européens. On roule à nouveau. On s’installe pour une pause déjeuner dans un site exceptionnel, avec une vue imprenable sur un glacier, sur un lac. Parmi les visiteurs, affamés après un col, une grimpette de plus d’une heure sous une chaleur écrasante, nous nous installons sur un banc, aussi transparents que des SDF sous un pont à Lyon. La vie de voyageur des grands espaces semble terminée. Personne ne s’inquiète de savoir si nous avons assez d’eau, de nourriture. Les touristes s’agitent, s’agitent. Ca me donne le tournis.

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On reprend la route. On croise une ourse et ses deux oursons. Ses animaux sont toujours aussi majestueux. Surtout quand il s’agit d’ours noirs, plutôt inoffensifs.

Trois jours en tout sur la Icefields Parkaway. Trois journées ensoleillées et joyeuses. Puis le choc du retour à la civilisation qui file à 100km/h. Quelques kilomètres avant Lake Louise, la Icefields Parkway rejoint la Highway 1 : un monstrueux croisement a été construit là, avec un pont, des panneaux de signalisation dans tous les sens. Je reste estomaquée. D’autant plus que Daniel et moi devons emprunter cette route pour aller en direction de l’Ouest. Je dis au revoir à Ron. C’est toujours un pincement de quitter quelqu’un que l’on apprécie. C’est déjà arrivé de nombreuses fois, ça se reproduira. L’itinérance a son lot d’inconvénients.

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Et c’est à quatre roues que nous filons sur cette route rapide, dont les bas côtés sont jonchés de débris en tous genres. Vent de face, trafic rapide, des camions à nouveau. Les alentours sont jolis malgré tout. Je pars pour l’Ouest, recule ma pendule de 30min, branche les écouteurs de mon baladeurs.

En route pour Vancouver !

Carte 5000 km

Des ours et des vaches, des lacs et des sapins, le Canada plus que jamais

"Beautiful British Colombia"

« Beautiful British Colombia »

 

Il s’en est encore passé des choses depuis mon dernier récit à Dawson city ! Je suis toujours au Canada, j’ai quitté la Province du Yukon pour rejoindre la Colombie Britannique où je me trouve actuellement. La route juste après Dawson city ne pouvait être aussi grandiose que celles parcourues en Alaska. Mais les paysages changent de jour en jour et ont de quoi émerveiller à nouveau.

Après deux jours de repos chez Philippe, du réseau Warmshowers (accueil pour les cyclistes chez d’autres cyclistes, à travers le monde), à Whitehorse, je suis repartie seule en direction de l’Est. Sur cette route, l’Alaska highway, on longe souvent de grands et beaux lacs (c’est le Canada, je vous rappelle, faut bien mettre un peu de lacs dans cette histoire), ainsi que des forêts de sapins. Les montagnes au loin domine les paysages.

Watson lake

Les ours, eux, sont bien près de la route. Je verrai les premiers en roulant un soir, après la pluie. 3 ours noirs et deux grizzlis. Le lendemain je verrai une ourse et ses trois oursons. Il paraît que ça porte chance, car d’ordinaire ces animaux ont un ou deux petits. Les bestioles sont impressionnantes. Surtout les grizzlis. D’autant plus quand on est matraqué de consignes de sécurité depuis plus de deux moi et bien au fait du potentiel de dangerosité de ces plantigrades. Les ours semblent cependant assez peu intéressés par les cyclistes et les bananes dans les sacoches. Je passe tout de même une nuit dans les toilettes d’une aire de repos… on sait jamais ! Et puis ça m’aura éviter de prendre un orage par le coin de la tente.

Outre la nature omniprésente qui occupe bien l’esprit, je vais jusqu’à Watson lake, une ville célèbre pour son parc de plaques. Un labyrinthe dans lequel on a envie de se perdre en regardant en l’air les panneaux laissés par des centaines de visiteurs.

Watson lake

Je ne croise aucun cycliste sur l’Alaska highway, soit pendant 440km.

Au moment de bifurquer sur la Cassiar Highway qui part en direction du Sud, je me sens prise d’une angoisse qui m’empêche de rouler sur cette route. C’est une deux voies plutôt étroite et très peu fréquentées. Les ours y sont nombreux, les côtés de la route bordés de buissons et d’arbres, ne laissant pas de visibilité qui me permettrait d’anticiper une grosse bête -genre grizzli. Le vrai problème est le suivant : quand je commence à avoir peur, je ne peux pas surpasser cette peur. Alors je contourne le problème en optant pour du stop. C’est Alison et ses nièces qui me conduiront jusqu’à l’hôtel qu’elle dirige et où toutes travaillent. Alison m’offre une chambre, nous dînons ensemble et allons faire un tour jusqu’à Dease lake, car l’hôtel est tout près. Nous entamons un débat résolu à grand coup de Google : le Mexique est-il situé en Amérique du Nord ou en Amérique central ? Alison me propose de rester chez eux, à Smithers, plus au sud sur ma route, car ils prévoient d’y passer une semaine.

Ashley, Rachel, Alison, Johnathan, Helen

Ashley, Rachel, Alison, Johnathan, Helen

Au lendemain de cette chouette rencontre, et de cette douce nuit dans un lit king size, je ne me sens toujours pas prête à rouler sur mon vélo. Alors je fais à nouveau du stop, en espérant rallier Kitwanga dans la journée, au sud de cette route qui me déplaît tant. Robin m’embarque dans son pick up et nous roulons pendant 7h. A Kitwanga, c’est Rae, une copine cycliste rencontrée en Alaska qui me récupère et me conduit jusqu’à Prince Rupert chez elle.

Prince Rupert est situé sur la côte ouest du Canada, au bord du Pacifique. De la pluie à Prince Rupert ? Non, des arcs-en-ciel ! Nous passons tout de même au travers des gouttes durant une journée et en profitons pour faire du kayak dans un bras de mer. Le vélo ne prépare pas à faire du kayak ! J’ai des bras en guimauve. Mais j’avance bien avec un bon vent dans le dos… Nous passons une journée agréable et voyons des phoques !

Kayak à Prince Rupert    Des phoques !

 

Dimanche 27 juillet, je quitte Prince Rupert et son ambiance humide, équipée d’une nouvelle sacoche de guidon. Une sacoche ETANCHE qui m’évitera bien des tracas pendant les 4 jours qui suivent. La route est bien plate sur environ 200 km. Et ça m’arrange ! J’ai passé une semaine à ne rien faire, à trop manger, à me coucher tard. Tout ça se ressent. Mais la forme revient, les villes se font de plus en plus nombreuses. Désormais je passe par une (petite) ville par jour. Ca signifie que je n’ai plus à me préoccuper de transporter beaucoup de nourriture. Les sacoches s’allègent et je peux enfin manger régulièrement (tous les jours) des légumes frais et du pain.

Camping 5 étoiles...

Camping 5 étoiles…

La rivière qui longe la route est bleue turquoise, les saumons font des bons. Elle offre aussi quelques plages des galets… ou de sable fin.

En m’éloignant du Pacifique, la météo change. Les températures sont de plus en plus élevées. C’est d’ailleurs grâce à ça que je prends (enfin) le temps de rédiger un nouvel article. Il devient difficile de rouler en début d’après-midi. Il fait environ 28°C et le soleil tape fort. De plus, un feu ravage une forêt de la province, la fumée embue le ciel et charge l’air déjà lourd. Alors j’adapte encore mon rythme, tente de ma lever un peu plus tôt afin de rouler à la fraîche.

"Tant de vallées, de prairies, de rivières. Et la joie des plaines."

« Tant de vallées, de prairies, de rivières. Et la joie des plaines. »

L’hospitalité des Canadiens est toujours aussi admirable et appréciable. Hier, à Burns lake, je faisais du yoga dans un parc au bord du lac quand Kelly est venue à ma rencontre. On a commencé à discuter et elle m’a proposé de venir où elle vit pour passer la nuit. Kelly est pompier durant l’été, elle vit dans une grande maison avec plein d’autres pompiers recrutés pour faire face aux feus qui se déclarent en été. Par chance, ils sont tous en repos. 14 jours de boulot, 3 jours de pause. Alors je discute avec les gars qui défilent dans la cuisine, me posent quelques questions sur mon voyage. Une auberge espagnole bien sympathique !

Et me voilà à Fraser lake, squattant le confortable fauteuil de l’office de tourisme. Besoin de wifi ? Allez à l’office de tourisme !

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Simple life…

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Vous vous demandez combien de temps je passe sur mon vélo, ce que je mange, comment je m’approvisionne en eau… Il faudrait pourtant apposer à article une mention « suggestion de présentation » car les jours se suivent et ne se ressemblent pas vraiment. Durant ces dernières semaines j’ai pu m’organiser assez librement, mais j’ai aussi roulé avec d’autres cyclistes, nous avons accordé nos envies et nos capacités à rouler. Quoi qu’il en soit, si je voyage, c’est aussi pour jouir d’une liberté hors de prix, éviter les contraintes que je déteste, m’affranchir de toute rigueur. Cette publication a plutôt pour vocation de satisfaire votre curiosité et vous faire partager un peu de mon quotidien. Car si ce grand périple semble être seulement fait de grands moments, de beaux paysages et de sympathiques rencontres, la vie dans ce qu’elle a de plus simple occupe une grande place. Voyager indépendamment sur mon vélo me rapproche de l’essentiel, des préoccupations les plus basiques, vitales même.

L’eau…

Je veille à récupérer de l’eau dès que j’en ai la possibilité. Mon vélo est équipé de trois bidons d’un litre chacun. A cela je peux ajouter une ou deux bouteilles d’eau sur mes sacoches si le parcours s’annonce aride ou sans « services » (station essence, café…). Je dispose surtout d’une pompe qui filtre l’eau. Elle me permet de prendre de l’eau dans les cours d’eau. Parfois on me propose de l’eau. Pas plus tard qu’hier, j’installais mon campement sur une aire de repos, un routier est venu me taper la causette et m’a proposé de l’eau. Il a rempli un bidon avec l’énorme bombonne d’eau qu’il transporte. Trois litres d’eau ça peut semblait beaucoup… mais cette eau me sert à trois choses : m’hydrater, préparer à manger, me laver les mains, me débarbouiller après une journée passée à transpirer dans la poussière. Finalement, trois litres, c’est pas énorme. Imaginez que le matin en vous levant vous tiriez trois litres d’eau de votre robinet, et que vous vous contentiez de ça pour une journée… Quelques jours avant mon départ, à Lyon, un monsieur s’est approché de mon vélo, a regardé le porte bidon situé sous le cadre du vélo et m’a dit qu’il n’avait jamais vu ça, et que le bidon devait être, je cite, « cracra ». Entre un bidon « cracra » et une sévère déshydratation, le choix est vite fait. Au fil des semaines, j’ai développé quelques techniques qui me permettent de limiter cette consommation d’eau si précieuse. Hier par exemple, au moment du déjeuner je me suis arrêtée près d’une rivière. J’en ai profité pour prélevé 2L avec mon filtre (de l’eau potable donc). Je me suis lavée (chose que je n’avais pas faite la veille…) y compris les cheveux. J’ai fait cuire une pleine popote de pâtes et avec l’eau chaude des pâtes j’ai préparé de la semoule. J’ai mangé la semoule et conservé les pâtes en prévision du repas soir ou du lendemain. Trouver de l’eau n’est pas forcément un problème, mais à chaque fois je dois trouver un endroit pour poser mon vélo, chanter pour prévenir d’éventuels d’ours qui vaqueraient eux aussi à leurs occupations, trouver un point d’accès jusqu’au bord de l’eau…

Le festin

L’Alaska et la zone du Canada que je traverse sont immenses. Les échelles n’ont rien de comparables avec celles que nous connaissons en France et en Europe. Des routes de 800km peuvent compter un seul point de services. Je dois alors prévoir de la nourriture en quantité suffisante. Petit déjeuner, déjeuner numéro 1, déjeuner numéro 2, diner, collations. Je suis partie de Whitehorse (Yukon, Canada) le 15 juillet, en direction de Prince George. Entre ces deux grandes villes, 1.200km. Quelques villages et points d’arrêt (pas toujours signalés sur les cartes) : Teslin, Watsonlake, Jade lake et j’en passe. Souvent les stations services font aussi restaurant. Ce qu’ils appellent « Café » qui proposent burgers et chili con carne, pâtisseries maison et glaces, canettes de soda et café à volonté. Les prix sont souvent moins chers qu’en ville. Vous pouvez déguster un cheese burger pour 9,50$ et un café pour 1,60$. Comptez 2,50$ pour un café de base dans un Starbuck ou chez Tim. Revenons aux provisions pour ces 14 à 16 jours jusqu’à Prince George.

  • 500g de penne (mes pâtes préférées!), soit 3 ou 4 repas

  • de la semoule, 2 repas

  • de la purée, 1 repas

  • 900g de riz cuisson ultra simplifiée (à plonger dans l’eau bouillante et à laisser reposer 5 minutes sans cuisson), 10 repas environ

  • un sachet de noodles

  • une canette de concentré de soupe de céleri

  • du pesto, 6 à 8 plats assaisonnés avec le même bocal

  • du saumon en conserve, une grande nouveauté dans mon alimentation

  • du fromage plastique en tranches, 6 plats accommodés avec ce délicieux « Black Diamond »

  • 6 pains orientaux, en complément des petits déjeuner, en collation, ou en sandwich au déjeuner

  • 2 mini pots d’houmous, parfaits pour 2 déjeuners avec le pain

  • un demi sachet de mini carottes, idéales avec l’houmous, en guise grignotage ou avec la semoule

  • un concombre, parfait en sandwich et avec la semoule

  • un demi pot de beurre de cacahuètes, à déguster sur du pain, avec une banane

  • 6 bananes, une au petit déjeuner écrasée avec les céréales et pour les goûters

  • 1kg de flocons d’avoine, soit 6 à 8 petits déjeuners, à hydrater avec de l’eau chaude

  • un pot de miel, délicieux au petit déjeuner sur le mange banane/céréales

  • des fruits secs : papaye, ananas, dates que j’utilise en collation ou en variation du petit déjeuner

  • un fond d’épicerie : je récupère des sachets individuels de temps en temps dans les cafés. Sucre, sucre zéro calorie, miel, sel, parmesan, tabasco, dosette de café, des chewing gum, une sucette à la myrtille

  • un sachet de curry

  • un sachet de piment doux

  • un sachet d’oignons déshydratés

  • 60 sachets de thé noir (en Amérique du nord tout est grand…)

  • un reste de ration de l’armée donné par Cyndie à Chicken : une tranche de pain, des fruits déshydratés

  • 5 tablettes de chocolat ; amandes/noisettes, caramel, chocolat au lait… c’est plein de magnésium !

  • un paquet de cookies… c’est plein de calories !

  • 40 barres de céréales. J’ai fait le plein car les petits paquets de 6 barres coûtent relativement chers : 0,50$/barre. Alors qu’en grande quantité, la même barre coûte 0,20$. Une économie substantielle puisque j’en mange 2 à 3 par jours. De plus, elles peuvent être utilisées à n’importe quel moment de la journée, ne nécessitent pas d’eau et sont vachement délicieuses (surtout quand le soleil a fait fondre le chocolat qui les enrobe… huuum)

Si j’économise l’eau, je fais aussi attention à limiter la consommation de propane, car une bouteille de taille moyenne prend de la place dans les sacoches. De plus, si je prévois seulement une bouteille, je dois m’attendre à ne pas trouver de recharge avant…1200km, deux semaines de voyage dans le cas présent. C’est pourquoi je pratique la double utilisation : préparation des pâtes et utilisation de l’eau chaude pour un autre plat… C’est l’apprentissage du minimalisme sans privation. Il est donc possible de consommer moins et de se faire plaisir, c’est juste une prise de conscience, ou une nécessité.

La sécurité

Jusqu’à présent, je n’ai pas eu à me préoccuper des comportements des êtres humains environnant. Je fais tout de même attention, lorsque je dois aller faire des courses avec mon vélo, surtout s’il est chargé. Mais je peux le laisser sans crainte dans les toilettes des aires de repos durant la nuit. J’ai pris l’habitude d’apposer un petit mot, surtout pour dire de ne pas toucher, pour ne rien abîmer. Mais pourquoi donc doit-il passer la nuit dans les toilettes ? Pour éviter de tenter les ours pardi! Un ours pourrait peut-être ouvrir une porte de toilettes canadiens (ça n’était pas le cas en Alaska, à moins que l’ours en question ait eu un QI de 150…) mais les odeurs de la nourriture contenue dans mes sacoches sont altérées, et puis la nourriture est à une distance convenable de ma tente, 30 à 50m selon les aires de repos. Et puis, c’est plus facile que de suspendre 12kg à un arbre.

Voilà pour quoi je choisis souvent de d’arrêter sur ces aires. On me dit souvent que je suis courageuse, et on me demande si j’ai peur. Oui j’ai peur. Peur des ours, des orages, des chiens qui gardent vigoureusement les propriétés. Depuis le départ j’ai encore grandi. Prendre la décision de faire ce voyage avait réclamé -c’est ainsi que je le perçois- un certain courage. Vivre ce voyage demande une autre forme de bravitude (!) dont je m’accommode progressivement. Je dépasse mes peurs sans prendre de risques. Je ne sors pas encore de ma zone de confort : j’ai déplacé ma zone de confort. Ce que je suis capable d’accomplir aujourd’hui, je ne l’aurai pas fait il y a deux mois, lorsque ce voyage a commencé.